ANNEXE : Lexique des communautés et de la vie consacrée

A – Les instituts de vie consacrée

A – Les instituts de vie consacrée
Les «instituts religieux» (cf. CIC[1], canon 607-709)À l'instar des Dominicains, des Jésuites ou encore des Carmélites ou des Bénédictines.
 
L’ordre, la Congrégation ou l’Institut désigne un ensemble d’hommes ou de femmes vivant en commun un idéal de perfection chrétienne à la suite du Christ (sequela Christi).
 
Autrefois, l’Ordre désignait plus spécifiquement les mouvements dont les membres prononçaient des vœux de manière solennelle (bénédictins, franciscains, jésuites), à la différence de ceux des congrégations, de création plus récente, qui ne prononçaient que des vœux simples (rédemptoristes, montfortains, assomptionnistes). Le Code de droit canonique de 1983 n’a pas repris cette distinction entre vœux solennels et simples et ne parle plus que d’Instituts religieux.
 
Assimilées aux instituts religieux, les sociétés de vie apostolique (Missions étrangères de Paris, communauté Saint François-Xavier, …) se distinguent par le fait que leurs membres, tout en menant une vie fraternelle en commun, n’émettent pas de vœux religieux (canon 731 § 1). Ou bien, comme les sœurs de St Vincent de Paul, ils émettent des vœux annuels, renouvelables.
 
En droit français, une Congrégation désigne tout groupe de religieux vivant en communauté, quelle que soit leur religion ou la forme de vie consacrée. Les congrégations sont répertoriées et suivies par le Bureau Central des Cultes du Ministère de l’Intérieur.
 
La communauté désigne un groupe de consacrés qui, ayant fait profession de vie commune, vivent ensemble dans la même maison. Certains instituts ont aussi pris comme nom le terme générique de communauté.

[1]CIC : Codex iuris canonici, autrement dit Code de droit canonique.

Les instituts séculiers (cf. CIC c. 710-730)

Reconnus en 1947 par Pie XII, les instituts séculiers (cf. CIC, c. 710-730) rassemblent des individus qui, sans vie commune, mènent leur vie «dans les conditions ordinaires du monde, seuls ou chacun dans sa famille, ou encore dans un groupe de vie fraternelle» (canon 714). Les membres d’un institut séculier peuvent être des prêtres diocésains (Institut du Prado…) ou des laïcs, hommes ou femmes (Jésus Caritas…) qui, vivant dans le monde, «tendent à la perfection de la charité et s’efforcent de contribuer surtout de l’intérieur à la sanctification du monde» (canon 710). Ils sont liés par des vœux ou une promesse.

B – Les associations de fidèles (cf. CIC c. 298-329)

Enfin, dans la foulée du concile Vatican II, de nouvelles formes de vie consacrée ont fait leur apparition, notamment au sein des communautés charismatiques qui comptent elles aussi leurs propres consacrés. Leurs statuts sont divers : ils sont souvent membres d’associations de fidèles : consacrés de la communauté de l’Emmanuel, consacrées de la communauté du Chemin Neuf,

Les communautés dites «nouvelles» (elles datent déjà de 1970) n’ont le choix d’autre statut que celui d’association de fidèles.
 
Les statuts des associations de fidèles peuvent être privés ou publics, reconnus par l’évêque ou par Rome, de droit diocésain ou de droit universel. Elles peuvent regrouper des personnes de différents états de vie : célibataires, couples mariés. Elles peuvent avoir ou non la vie commune. Elles peuvent avoir des personnes consacrées par des promesses ou des vœux privés (devant un prêtre ou un confesseur qui peut les en relever).
 
Le terme «vœux privés» a ici un sens canonique particulier qui n’a rien à voir avec le sens courant du mot. Il signifie que l’Eglise n’est pas garante de l’engagement de l’association envers la personne qui s’engage. D’ailleurs cet engagement ne donne pas lieu à un changement d’état de vie.

C – Famille ecclésiale de vie consacrée

Une certaine normalisation serait à l’œuvre aujourd’hui par exemple dans la communauté des Béatitudes. Celle-ci a annoncé qu’elle allait adopter une nouvelle figure juridique, inédite dans le code de droit canonique mais validée par Rome : la famille ecclésiale de vie consacrée. Elle se situerait à mi-chemin entre l’institut religieux et l’institut séculier, lui permettant ainsi de rassembler les deux branches de vie consacrée (frères et sœurs, qui font des vœux publics) et la branche laïque (couples et célibataires consacrés qui ne prononcent pas de vœux). Diverses questions restent posées : comment sont-ils consacrés ? Qui reçoit les vœux de ceux qui en prononcent ? Selon quel rituel ? La formule d’association de fidèles n’était-elle pas déjà assez souple et protéiforme pour qu’on en institue une nouvelle ?

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