FRATERNITE EUCHARISTEIN

pRESENTATION

La Communauté déclare se situer dans le sillage du Concile Vatican II. Nicolas Buttet, modérateur, s’en dit le fondateur. Dans les faits, plusieurs personnes l’ont fondée avec lui.
 
Nicolas Buttet
Nicolas Buttet, né en 1961, était un jeune intellectuel se préparant à une carrière d’homme politique et d’avocat en Suisse avant de partir travailler quelques années au Vatican. Il aurait ensuite, selon ses dires, vécu en ermite quelques années dans le canton du Valais. Très vite il est rejoint par quelques jeunes et ensemble ils fondent la fraternité.
 
Mgr Dominique Rey du diocèse de Fréjus-Toulon l’a ordonné prêtre en 2003, alors qu’il n’a pas fait d’études théologiques ni suivi de séminaire. La Fraternité était pourtant basée sur le territoire abbatial de Saint-Maurice, dont le père abbé était à l’époque Mgr Joseph Roduit. Qu’à cela ne tienne, Mgr Rey fournit un château en ruines dans le Var à la Fraternité, lui donnant un pied-à-terre dans son diocèse.
 
Les enseignements sont essentiellement basés sur les conférences de Nicolas Buttet, ce qui prête à interrogation, d’autant plus que celles-ci manquent de profondeur théologique car il s’agit d’une pensée unique. Il semble donner un discours apocalyptique et paraît obnubilé par le combat spirituel. Il ne vit pas comme ses frères et soeurs la vie communautaire, ne participant pas aux tâches humbles quotidiennes et, étant souvent en voyage, il peut difficilement modérer sa communauté (dont il se dit “modérateur”). Au contraire, on le voit dans les médias à côté de gens influents et il roule avec le Saint-Sacrement sur le tableau de bord de sa voiture (Mercedes).
 
Les voyages de N. Buttet en été avec un groupe d’étudiants sur les traces du bienheureux Maurice Tornay au Tibet sont pour lui une manière de cultiver son image personnelle de “trekker” et de séduire un public jeune qu’il “convertit”.
 
La Communauté
La Communauté regroupe des hommes et des femmes “consacrés” (voeux de pauvreté, chasteté et obéissance), mais un seul couple dont l’époux a été ordonné diacre. Les hommes et les femmes dépendent du supérieur de chaque maison. La Fraternité déclare vivre du travail quotidien : jardin, élevage d’animaux, travaux de construction, ainsi que de dons. Elle recevrait également des invendus passés de date de supermarchés.
 
La communauté accueille aussi des jeunes “blessés par la vie” selon les propos de la Fraternité, pour “vivre une démarche de reconstruction personnelle”. Dans les faits, les liens avec les familles ne sont pas encouragés, le monde extérieur est décrit comme dangereux, ce qui entraîne des coupures malheureuses. Selon des témoignages reçus à l’AVREF, la santé physique et mentale n’est pas suffisamment prise en compte, le rythme de vie, sans repos ni vacances, éprouvant et déstructurant. La frontière entre for interne et for externe semble floue. Le discernement des vocations n’est pas effectué. La gestion financière paraît obscure.
 
La Fraternité compte 4 maisons :
- Epinassey, Saint-Maurice (Suisse), maison mère, territoire abbatial de Saint-Maurice
- Bourguillon (Fribourg, Suisse), diocèse de Lausanne-Genève-Fribourg
- Château Rima (France), diocèse de Fréjus-Toulon
- Château de Beauregard à St-Jeoire (France), diocèse d’Annecy
 
Dans le sillage de la communauté on trouve :

  • La communauté Béthanie, le tiers-ordre séculier de la Fraternité. 
  • Le groupe OAFJ (Only All For Jesus) : des adolescents et jeunes signent une charte. Ils s’engagent lors d’une célébration et prononcent des «voeux» après l’invocation de l’Esprit-Saint. Ils participent à environ une soirée par mois et des temps forts spirituels et liturgiques (Festival Théomania, montée vers Pâques, pèlerinage d’été) organisés par la Fraternité. Les jeunes peuvent séjourner à la Communauté quand ils le souhaitent, et sont encouragés ultérieurement à y vivre une année sabbatique. Il existe un grand danger d’embrigadement auprès de mineurs et de jeunes qui ne connaissent pas encore la vie. 
  • Association Philanthropos, Institut européen d’études anthropologiques : “Philanthropos veut proposer à des étudiants ou à de jeunes professionnels une année de réflexion et de formation de la personne”, in www.philanthropos.org). La Fraternité y organise la vie matérielle et spirituelle des étudiants.
  • Fondation Philanthropos, institut européen d’études anthropologiques : But : “mettre à disposition de l'association "Philanthropos - Institut européen d'études anthropologiques" les moyens financiers nécessaires à la création de l'Institut européen d'études anthropologiques "Philanthropos", à son essor, à son fonctionnement administratif et à sa gestion scientifique. La Fondation ne poursuit pas de but lucratif ou commercial.” (Extrait du Registre du commerce du canton de Fribourg)
  • Fondation Ecophilos : “Développement de la conscience des valeurs humaines et chrétiennes et application de ces valeurs à la vie des entreprises, en particulier au travers des concepts de don de soi et de solidarité, pour favoriser l'épanouissement de la personne dans son milieu de travail.” (extrait du Registre du commerce du canton de Fribourg) 
  • Fondation Zermatt Summit : réunions de chefs d’entreprise dont le but est de “favoriser la dignité humaine dans notre monde globalisé” 
  • Rencontres Dorothée et Nicolas de Flüe : association culturelle qui organise une rencontre annuelle de témoignages de personnalités diverses. 
Nicolas Buttet est membre de ces associations et fondations (signature enregistrée au Registre du commerce).
 
Pour toutes ces raisons, et à cause de témoignages fort troublants qu’elle a reçus, L’AVREF recommande de la prudence et de la vigilance face à cette communauté.