L’ECOUTE DES FAMILLES

§1

Il arrive fréquemment que la victime ne parte pas parce qu’elle est sous emprise, qu’elle ne sait où aller ou parce qu’elle connaît des troubles psychologiques renforçant son état de dépendance. Dans ce cas l’écoute des victimes indirectes que sont les familles est primordiale. Les refus de rendez-vous dans les évêchés ne doivent plus exister.
 
Les familles et/ou les proches doivent être considérés a priori comme étant de bonne foi, a priori comme ne cherchant pas à faire obstacle à la vocation de l’être cher, a priori comme étant bien informés ou conscients d’une situation qui échappe à d’autres. Une réponse doit leur être apportée. Ce dialogue est nécessaire, même hors cas d’abus effectifs, pour les familles réfractaires au fait religieux tel qu’il se manifeste dans la vie communautaire. Les associations peuvent par ailleurs les aider à distinguer.
 
En cas d’abus, la souffrance des familles et des proches doit être reconnue, respectée. Des efforts doivent être faits au niveau ecclésial pour la soulager, surtout quand l’abus a provoqué un dégât irréversible : rupture du lien familial, suicide, hospitalisation en milieu psychiatrique, etc.
 
Tout courrier adressé par un proche de la personne consacrée signalant une dérive doit faire l’objet d’un accusé de réception, et d’une réponse écrite et doit rester confidentiel vis-à-vis de la communauté. On assiste à des situations de crises entre le membre d'une communauté et sa famille par le fait que l'autorité a transmis aux supérieurs la plainte ou la lettre. Le témoignage ou la plainte doit être considéré a priori comme étant recevable et doit déclencher, selon une procédure d’urgence, une enquête appropriée menée par des personnes indépendantes.

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