LES VŒUX ET ENGAGEMENTS A VIE

§1

Le point des vœux est très délicat. S'ils reposent sur des traditions ancestrales, les vœux dans les formes d'engagement actuels, souvent nouveaux, seraient, comme nous l'avons dit dans le préliminaire, à harmoniser et bien définir. Nous précisons ici des règles nécessaires pour éviter la confusion chez la personne qui s'engage et lui permettre d'avancer avec certitude. Outre des vœux sans valeurs canoniques chez certaines communautés, d'autres proposent des engagements de vie pour des laïcs qui entretiennent les mêmes confusions.
Aussi ce que nous présentons sous la dénomination des vœux s'applique-t-il à toute forme d'engagement à vie.
 
Il est nécessaire de préciser, comme on le verra pour la sortie éventuelle, qu'un engagement s'inscrit dans une procédure canonique, objectivée par des documents signés et enregistrés dont puisse disposer la personne.
 
Les vœux ne sont valides qu’après un noviciat structuré et réellement formateur et quand le novice est en bonne santé. S’il est atteint d’une maladie chronique ou d’une incapacité permanente, il convient d’en apprécier avec lui les conséquences car cela ne représente pas nécessairement un obstacle aux vœux. La règle canonique exigeant que le noviciat ne dépasse pas deux années doit être rappelée et réellement appliquée.
 
Si, à l’issue de cette période, la personne qui était novice n’est pas admise aux vœux, elle doit quitter la communauté et ne pas y prolonger son séjour dans l’espoir d’être admise ultérieurement. De même si à l’issue des vœux temporaires, on lui refuse l’accès aux vœux définitifs. Les situations d’attente incertaine doivent être proscrites.
 
S’il est demandé une lettre écrite de candidature au postulant, la communauté doit également lui adresser une réponse écrite à laquelle doivent être jointes les Constitutions, et les informations pratiques utiles en matière de formation, de santé et prévoyance, et de respect des règles du pays où il se trouve (droit du Travail notamment, titres de séjour).
 
Il faut s’assurer que toute personne qui prononce des vœux a bien lu les Constitutions de la communauté ainsi que ces informations, et a pris le temps de se les faire expliquer et commenter. Un document co-signé par l’intéressé(e) et le (ou la) Supérieur(e) doit en attester et être enregistré auprès d’une instance ecclésiale indépendante. Si ce n’est pas le cas il doit être clairement reconnu qu’il y a eu dol et que les vœux sont nuls (CIC, c. 1191).
Une rencontre préalable à l'engagement serait rendue obligatoire entre le postulant et cette instance indépendante et compétente sur les dérives.
 
Les vœux ou engagements sans publicité, et qui souvent sont reçus dans le secret de quelques supérieurs, ne mènent pas à une vie religieuse consacrée ni à un engagement canonique à vie. Cela doit être clair pour les intéressés qui sont la plupart du temps de jeunes adultes mal informés. Il s’agit au mieux d’un engagement privé dont ils peuvent facilement se délier.
 
Les autorités ecclésiales doivent rappeler à l’ordre les communautés qui entretiennent une ambiguïté permanente en pratiquant des vœux ou des engagements semi-publics qui ne correspondent à rien.

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