père thierry de roucy molokaï

Points-Cœur (Fraternité Molokai)

Qu’est-ce que POINTS-COEUR (FRATERNITE MOLOKAI) ?

L’association « Points-Cœur » a été créée »n 1990 par le Père Thierry de Roucy, alors qu’il était supérieur général de la congrégation des « Serviteurs de Jésus et de Marie » (S.J.M. Institut de droit diocésain fondé en 1930 par le Père Jean-Édouard Lamy.)


La congrégation S.J.M. réside à l’abbaye d’Ourscamp (Oise). Elle rassemblait jusqu’en 2002 environ 30 religieux. A l’initiative du Père Thierry, alors supérieur de l’ordre, une partie importante des religieux travaillait pour les P.C, surtout en Amérique du Sud.
En 1990, le Père Thierry est mis en minorité lors de la réélection du supérieur. On lui reproche une autorité sans partage et une réorientation de la congrégation exclusivement vers les P.C. Le Père Thierry se sépare alors des S.J.M. Il entraîne avec lui une dizaine de religieux. Il installe son œuvre à Vieux-Moulins (près de Compiègne) qui devient également centre de formation.

 Il se fait reconnaître par l’évêque de Parana. (Argentine).

Objectifs officiels de « Points-Cœur »

Points-cœur se déclare « œuvre catholique de compassion et de consolation en faveur des enfants les plus rejetés à travers le monde »
« Les P.C. veulent être de petits foyers disséminés dans le monde entier, de simples refuges d’amour et de tendresse, où chaque enfant (de la rue) pourra être aimé, accueilli, écouté, respecté, bref regardé d’un regard qui communique l’ardeur de l’amour. » (charte des P.C.)
Points-cœur fonctionne grâce à de jeunes volontaires, garçons et filles, appelés « amis des enfants ».

On constate dès le départ un réel manque de sérieux puisqu’aucune exigence particulière ne leur est demandée : « On ne demandera pas aux Amis des enfants des compétences spéciales en matière d’éducation, de formation, de psychologie ; on leur demandera plutôt d’oser se donner sans compter et d’essayer d’aimer les enfants comme Dieu les aime. »(charte des P.C.)
On part du postulat que la vie communautaire doit rendre efficace l’action humanitaire. Chaque P.C. est « d’abord une communauté contemplative ! La prière ne rendra chacun que plus généreux et efficace, et l’Esprit-Saint qui accordera ses lumières dans la prière permettra de découvrir sans tâtonnement les vrais besoins de ceux qui entourent les Amis des Enfants. »

Une telle affirmation est pour le moins discutable tandis que l’action des ONG s’est fortement professionnalisée au cours des dernières décennies.

Octobre 2014 : un recentrage en demi-teinte

A la suite des nombreuses plaintes déposées à l’encontre de l’association  « Points-Cœur » par un certain nombre de membres et de leurs familles, et suite à la condamnation du fondateur, le père Thierry de Roucy en juin 2011, pour abus sexuels, abus de pouvoir et absolution de complice :
Mgr Rey, évêque de Toulon  qui a accueilli l’œuvre « Points-Cœur » dans son diocèse depuis 2013 a nommé le Père Le Bot, dominicain,  pour enquêter  «  sur le Père T. de Roucy et sur l’œuvre »
Les conclusions de l’enquête ont été rendues début de l’été 2014.

1° De nombreux dysfonctionnements :

De cette enquête il ressort de nombreux dysfonctionnements :

  • Les problèmes posés par la doctrine. Ils concernent l’exercice de l’autorité et la conception de la paternité.
  • L’absence de fondements doctrinaux et ecclésiaux de l’œuvre dans son ensemble.
  • La méfiance répandue dans l’œuvre à l’égard de l’Eglise et de ses pasteurs.
  • Les lacunes de la formation des Molokaïs  (Prêtres et laïcs définitivement engagés)

2° Beaucoup d’omissions

  • La générosité et les talents des personnes qui s’engagent à « Points-Cœur » sont présentés comme un charisme d’Eglise alors que l’œuvre s’est développée en marge de l’Eglise et de ses pasteurs.
  • La lettre de Mgr Rey aux familles omet de souligner que le père T. de Roucy a été condamné par le tribunal ecclésiastique de Lyon et que le délit d’absolution de complices entraîne en principe automatiquement l’excommunication.
  • On ne trouve également aucune réflexion sur le phénomène d’emprise, alors qu’elle est au cœur du problème.
  • On néglige la distinction entre for interne et for externe. Ses conséquences sur les vocations ne sont pas soulignées.
  • S’il est bien question dans le texte de l’accompagnement et de la formation des volontaires, cela concerne seulement les séminaristes. Les jeunes volontaires sont oubliés alors qu’aucune formation (ou si peu) leur est prodiguée avant leur départ.

3° Un encadrement peu contraignant

Un encadrement ecclésial est nécessaire. Un commissaire est nommé à cet effet. Il s’agit de l’abbé Charles Mallard, prêtre du diocèse de Fréjus-Toulon, professeur de philosophie et de théologie. Guillaume Trillard, actuel modérateur de l’œuvre, le demeurera « sous le contrôle et en lien avec le commissaire. ». Il leur appartiendra à tous deux de mener une  « révision canonique des statuts… une réflexion sur le charisme des « Points-Cœur » et sur la nature du ministère sacerdotal  de ses membres prêtres ». Les séminaristes devront tous retourner en France et seront rattachés au séminaire de La Castille.
Enfin,  «  la présence du Père de Roucy dans l’œuvre est considérée « comme un obstacle à toute évolution et peut-être même à tout contrôle sérieux de son activité ».La forte personnalité du Père de Roucy et la doctrine diffusée dans P.C. sur sa paternité font craindre une certaine emprise. Les dispositions suivantes ont été prises : « jusqu’à nouvel ordre, la suspension de ses activités ministérielles au bénéfice de P.C. (accompagnement, enseignement…) et son retrait des instances de gouvernement de toutes les associations. »
On peut être étonné de la mansuétude de l’Eglise vis-à-vis des Points-Cœur.
Déjà, nous nous étonnions qu’à l’issue d’un procès de 7 ans, le père de Roucy n’avait été condamné à ne plus confesser pour 3 ans les membres de Points-Cœur !
De même, aujourd’hui, c’est sur le père Trillard, « visage et voix » du père de Roucy, que devra s’appuyer le commissaire pour purifier l’œuvre de toutes les déviances induites par le père de Roucy.
Le recrutement des volontaires continue sans entrave. N’est ce pas une tromperie à l’égard des jeunes qui partent vers les P.C. à l’étranger ?
N’assiste-t-on pas ici à un simple toilettage ? 

Décembre 2016 : perspective de dissolution

C’est à la suite de l’enquête canonique ordonnée par Mgr Rey et confiée au dominicain Loïc Marie Le Bot, et dont les conclusions ont été connues en juillet 2014, que fin janvier 2015, l’évêque de Toulon, suspend a divinis « pour cause de désobéissance », le père Thierry de Roucy, fondateur de Points-Cœur.
Jugeant qu’il fallait un encadrement global de l’œuvre, Mgr Rey a nommé Mgr Jean-Marie Le Vert, ancien évêque de Quimper.
Mgr Le Vert est aussi commissaire pour deux associations publiques de Points-Cœur : la fraternité sacerdotale Molokaï (les prêtres et les séminaristes) et l’association des Servantes de la Présence de Dieu (les sœurs)…et délégué auprès de l’association privée de fidèles Points-Cœur, qui regroupe tous les membres de l’œuvre.
Au 1er janvier 2016, Mgr Rey nomme un nouveau commissaire en la personne de Mgr Le Vert, évêque émérite de Quimper, en vue du redressement de l’ensemble de l’œuvre…Les tentatives de réforme se sont heurtées à une vive résistance de la part des dirigeants de Point-Cœur. La majorité des membres a refusé de coopérer et en particulier d’ouvrir leur compte au commissaire.
Cette résistance est soutenue par une association (compassion et vérité) qui se répand en invectives, en mensonges et calomnies dans une longue lettre de 12 pages adressée aux évêques de France en septembre 2016.
La mission de Mgr Le Vert s’est terminée à la fin de l’année 2016. Il a fait part de ses observations sur le fonctionnement de l’œuvre dans un rapport qui a été remis à Rome par Mgr Rey.
Mgr Rey demande la suppression de la branche sacerdotale des Point-cœur (les « Molokaï »)

Mai 2018 : Dissolution des Molokaï

A la suite des rapports de Mgr Le Vert envoyés à Rome par Mgr Rey, celui-ci avait prononcé en 2017 la dissolution des « Molokaï » qui ont le statut d’association publique cléricale de fidèles de droit diocèsain.
Les « Molokaï » ont introduit un recours qui devait, en dernier lieu être tranché par Rome.
05.2018 . Rome rejette ce recours.
Désormais, les prêtres de Point-Cœur sont de simples prêtres diocésains dépendant de Mgr Rey qui doit trouver un ministère pour chacun d’eux.
Il semblerait que les prêtres des P.C boudent cette décision. Ils sont censés rencontrer individuellement Mgr Rey pour que celui-ci leur propose un ministère. Des bruits circulent qu’ils seraient en relation avec une ONG italienne

Juin 2018 : Renvoi à l’état laïc du Père Thierry de Roucy

La congrégation pour le clergé a rendu une décision « sans appel » à l’encontre du père Thierry de Roucy pour cause de désobéissance. Il est renvoyé à l’état laïc. C’est une décision tout à fait exceptionnelle dans l’Eglise Catholique.

Dissolution de l’œuvre « Point-Cœur ?»

Des demandes ont été déposées à Rome pour la dissolution des P.C.
Cela remettrait en question une partie du financement de l’œuvre..
Rappelons cependant que les volontaires qui donnent 18 mois de bénévolat à l’œuvre ne sont pas énumérés. Leur voyage et leur séjour sont payés par leurs parrains (membres de leur famille, amis…)
On peut également s’interroger sur la continuité des aides financières versées par de grandes sociétés.

conclusion

Dans l’état actuel des procès en cours et à venir, il est très risqué actuellement de s’engager dans P.C., même si le caractère d’aide aux plus démunis est mis en exergue. Mais la seule « Compassion » est-elle suffisante pour apporter un peu de mieux être aux plus faibles ?
Comme l’ont fait remarquer les différents enquêteurs de sérieuses mises à jour sont à réaliser chez les P.C., tant sur le plan de la direction, sur le plan théologique et sur le plan financier.
La mise à l’écart du fondateur ne règle pas tous les problèmes et certains observateurs sont enclins à penser que les dérives sectaires demeurent.

Témoignage recueillis

Témoignages recueillis

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