SECTION 2 - Le droit à l’objection de conscience

La reconnaissance du droit à l’objection de conscience des personnes est nécessaire.
Or le système d'emprise mis en place par les communautés déviantes enlève tout libre-arbitre, en faisant de l'esprit critique envers les directeurs et leurs décisions une faute grave et « diabolique ».
 
Rappelant que « la lettre tue » et que « l’esprit vivifie », nous demandons que soit reconnu vis-à-vis des dispositions du droit canonique, ou plutôt que soit ajouté à ces dispositions, un droit à l’objection de conscience des personnes consacrées, et par suite aux personnes engagées sur ce modèle.
 
En effet, les canons 212§2 & §3, et 618, seuls à garantir aux fidèles un espace d'expression vis à vis des « Pasteurs de l'Eglise », voire de signifier leur devoir de prévenir de problèmes éventuels pour le bien de l'Eglise, laissent pourtant entière l'obligation d'obéissance.
Le canon 212§3 exige « le savoir, la compétence et le prestige » à celui qui s'exprime. Et le canon 618, qui oblige l'écoute des « Supérieurs », leur recommande cependant de « promouvoir [l’]obéissance volontaire [du sujet] dans le respect de la personne humaine », et leur donne le dernier mot : « restant sauve cependant leur autorité de décider et d'ordonner ce qu'il y a à faire ».
On retrouve dans une telle formulation les « privations de la liberté en toute liberté » qui assoient l'emprise sur les adeptes.
 
Dans le cas d'abus repéré, une personne peut et doit aussi, le cas échéant s’adresser directement aux autorités civiles. C’est ce qu’exprime Marie Collins :
« Si les cas d’abus sont avérés et que la victime y consent, il faut arriver à la dénonciation aux autorités civiles ou pénales. »[1]

[1] Extrait de : Conférence Episcopale Italienne, Lignes directrices pour les cas d’abus sexuels contre des mineurs de la part du clergé, 2014

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