MOI, Ancien Légionnaire Du Christ,

Dans ce témoignage, dont nous citons quelques « bonnes feuilles », ci-dessous extraites, il insiste bien sur le rôle essentiel joué par le fondateur, MACIEL, dont les méfaits n’ont été rendus publics et reconnus par l’Eglise que bien après sa disparition.
 
 
« Selon les mots mêmes du Premier Chapitre général de la Légion, il est impossible de séparer la figure du fondateur de la congrégation elle-même. Dans la Légion, le père Maciel est le point central autour duquel gravitent toute la spiritualité et la discipline religieuse. En réalité, c’est par un tour de passe-passe que la Légion utilise le Christ et l’instauration de Règne : être digne de lui, qui est notre objectif quotidien, légitime des milliers de règles et normes qui fond de notre vie de légionnaire une succession d’épreuves et nous contraint à la soumission ».
 
Ce personnage de Maciel ne nous fait-il pas penser au personnage toujours présent mais insaisissable du « Numéro 1 » dans le best-seller d’Arthur KOESTLER, « le zéro et l’infini » :
le N° 1 n’était pas un phénomène accidentel, mais l’incarnation d’une certaine caractéristique humaine  à savoir, la croyance absolue à l’infaillibilité de ses propres convictions, d’où il tenait la force nécessaire à son manque absolu de scrupules ».

En effet il est très rare qu’il n’y ait pas de secte sans gourou. C’est très souvent le fondateur. Il met en place un système de coercition centré sur sa personne et assorti de nombreuses règles qui déterminent l’emprise :
 
 « La Légion du Christ fonctionne en tout point comme une secte : embrigadement fondé sur des mensonges et des manipulations, méthode d’apostolat essentiellement fondé sur la séduction, confusion du for interne et du for externe, vision erronée de l’obéissance, déni des libertés humaines fondamentales »
 
… contrairement à ceux qui intègrent les petits séminaires de la Légion à onze ou douze ans, je suis entré suffisamment tard pour que le système de conditionnement ne fonctionne jamais vraiment sur moi. Enfin, parce que … j’ai pu objectiver mes doutes et faire une relecture critique de la discipline, de la spiritualité et des méthodes apostoliques de la Légion. »
 
« Désormais quand je pense à mes années dans la Légion, je ne vois plus que des mensonges à perte de vue ».

Que se passe-t-il quand on quitte cet univers du mensonge ? Xavier LEGER s’en explique :
 
 « On est dans une situation analogue à celle d’un divorce, avec une modalité particulière : celui qui quitte est toujours dans son tort. Pouvais-je accuser Dieu d’avoir été infidèle avec moi ? Et moi, pauvre bouffon, je culpabilisais tellement que j’étais le premier convaincu que je ne méritais rien. Plus tard, j’ai connu des cas dramatiques de légionnaires sortant après vingt ou trente ans de vie dans la Légion, et devant repartir de zéro dans la vie civile, nus comme Job, sans la moindre aide de la part de la congrégation. »
Sortir d’une secte est beaucoup plus compliqué que de sortir d’une prison
 
« Par ses mécanismes de manipulation, la Légion a créé chez moi d’étranges comportements, faits de faux-semblants, de préjugés, de peurs qui m’empêchent de penser librement.
    Sortir d’une secte est beaucoup plus compliqué que de sortir d’une prison. Les barreaux qui m’ont emprisonné durant des années, je les ai conçus moi-même dans ma tête. Quitter physiquement une secte, ne plus y retourner, n’implique pas que l’on recouvre sa liberté ; on peut y rester encore très longtemps prisonnier. Pour réussir sa guérison définitive, il est nécessaire de faire un intense travail de relecture et d’accomplir l’acte le plus douloureux pour un ancien adepte : accepter humblement l’idée insupportable d’avoir fait fausse route. L’antidote était à ma portée, mais l’emprise de la Légion m’a empêché jusqu’à présent de me l’administrer. Le seul obstacle à une guérison, c’est donc moi-même. »

On peut retenir, pour conclure ces extraits de son ouvrage, ce propos raisonnable de Xavier LEGER :
 
« Vu la gravité des révélations [concernant Maciel], le bon sens voudrait qu’on arrête tout – le recrutement, les professions religieuses, les ordinations -, le temps de procéder à une enquête approfondie. »
 
Hélas le bon sens est une des choses du monde qu’il est difficile de partager. Ne serait-ce qu’en France on ne peut qu’être inquiet de voir cette Légion du Christ toujours présente qui continue notamment, par des mouvements interposés, Regnum Christi, Club Flambeau et Club Altior à s’adresser à des adolescents entre 10 et 16 ans. Xavier LEGER a connu cette chance d’être recruté plus âgé dans cette organisation :  « je suis entré suffisamment tard pour que le système de conditionnement ne fonctionne jamais vraiment sur moi. »
C’est pourquoi un effort de prévention et de mise en garde doit être effectué auprès des familles et des parents d’adolescents. Le livre de Xavier LEGER y contribue.

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