Lectures conseillées

Un moment de vérité


de Véronique Margron, avec Jérôme Cordelier

(Albin Michel)


« La pédophilie n’existe pas, n’a jamais existé ». Tel est le jugement de Véronique MARGRON quand elle prend la parole dans son dernier ouvrage « Un moment de vérité ».
Alors pourquoi une telle provocation de la part de cette religieuse, première femme présidente de la CORREF, cette institution qui regroupe en France les congrégations religieuses ?
Tout simplement parce qu’elle tient à rétablir les faits dans leur vérité première : la pédophilie n’existe pas, n’a jamais existé. Ce qui a cours c’est la pédocriminalité. le mot qui est enfin utile après tant de décennies de silence coupable.
Désormais une telle dénonciation apparaît enfin indispensable parce que, nous dit Véronique Margron, « crier la colère » est une « nécessité vitale ». Briser « la maladie du secret », tel est son objectif. En raison du poste qu’elle occupe, elle pardonne moins au monde ecclésiastique et religieux ses dérives qu’à un autre milieu. En effet, écrit-elle, « du côté de l’Eglise nous sommes en droit d’attendre que la responsabilité envers les plus vulnérables qui est un engagement évangélique, soit encore plus exigeante et authentique ». Elle n’hésite pas d’ailleurs à employer un mot fort : « la forfaiture ».
Notre crainte évidemment à l’AVREF, c’est que l’accent porté sur les abus sexuels ne soit, non pas l’arbre qui cache la forêt, mais un épais taillis masquant l’accès à d’autres types de dérives. Sans attendre qu’il soit question de pédocriminalité, dès le Consistoire d’avril 1991, le cardinal Arinze n’avait-il pas identifié d’autres maux: « Quelques NMR (Nouveaux Mouvements Religieux) ont provoqué des dommages psychologiques sur les individus à travers leurs méthodes de recrutement et de formation et des mesures violentes qu’ils adoptent pour prévenir la fuite de leur membres. Nous avons entendu parler de quelques termes comme « manipulation psychologique », « combinaison d’affect et de ruse », « contrôle mental », « techniques accablantes », « méthodes qui altèrent la conscience », « programmation », etc. Certains membres ont dû rompre les relations avec leur famille naturelle ou conserver de telles relations sérieusement abîmées. » Ce cardinal d’origine nigériane fut préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements. Mais ses propos n’ont jamais été relevés par une Curie italianisée et le remue-ménage enfin fait autour des abus sur enfants ne doit pas occulter ces autres dérives fondamentales qui rendent possible la pédocriminalité avec d’autres crimes, à savoir le contrôle mental, la manipulation psychologique, les méthodes qui altèrent la conscience,…
.C’est pourquoi Véronique Margron avait déjà élargi le débat en déclarant sur Radio Notre Dame en mars 2019 suite à une émission de télévision relatant des abus sur religieuses majeures : « on ne peut plus rester dans ces modes de fonctionnement marqués d’omerta, de cette forme de complicité, ce déni de la réalité, du rapport au corps des femmes qui laisse pantois ». On le voit bien : le champ des abus concerne plusieurs populations d’âges différents . C’est pourquoi l’Union Internationale des Supérieures Générales avait pris position dès le début d’année en termes non ambigus contre « L’abus sous toutes ses formes – sexuelle, verbale, émotionnelle, ou tout usage inapproprié du pouvoir dans une relation, portent atteinte à la dignité et au sain développement de la victime »

Pour se défaire de ces maux Véronique Margron développe largement dans son ouvrage les recours au droit canon, cette réglementation interne de l’Eglise. Mais quel est son effet quand on sait que des sanctions chargées de sens en d’autres temps mettaient le coupable au ban d’une société fortement christianisée. Mais aujourd’hui ne sont-elles pas dérisoires ? Par exemple l’interdiction de confesser… Les moyens d’agir contre ces fléaux des abus sont donc autres désormais. Femme d’Eglise, l’auteure s’attache évidemment au « renouveau spirituel » tant attendu, considéré comme le meilleur moyen de prévention. Il passe à son sens par un plan d’action herculéen qu’elle a dénommé : « les douze travaux de l’Eglise ».
Citons-les :
- Transformer la crise en mutation
- Faire la vérité pour retrouver la confiance
- mettre les victimes au centre
- désacraliser la figure du prêtre
- déconstruire le « système clérical »
- promouvoir la place des femmes
- changer le style de l’Eglise
- renforcer le dialogue avec la société
- former les prêtres sur les questions affectives (et pourquoi pas les évêques aussi ? NDLR)
- combattre les phénomènes d’emprise
- revoir l’exercice du pouvoir au sein de l’Eglise
- mettre en actes la « tolérance zéro »
Tout cela est bel et bon. On avancera encore si la reconnaissance pourtant essentielle des traumas de « la personne vulnérable » vient renforcer celle désormais incontournable et déjà insupportable de l’enfant de chœur bafoué, du jeune scout abusé, ou de l’enfant sourd-muet retenu en pension spécialisée. L’AVREF, en raison de son histoire, s’intéresse particulièrement au point 9 du chantier proposé relatif aux phénomènes d’emprise. C’est en effet cette compréhension de tels phénomènes qui fait cruellement défaut à une institution qui dans laquelle les communautés bien en Cour (on devrait dire « bien en Curie ») pratiquent allégrement l’abus spirituel, l’abus de pouvoir et l’abus de conscience. Il s’agit de leur sport favori : méthode Pilate sans « s » à la fin : allez vous laver les mains ! Comme elles font désormais attention à ne plus se laisser prendre dans les pièges de l’abus sexuel, quitte à créer des cellules d’écoute interne non indépendantes dont on peut deviner le caractère manipulatoire, elles conservent hypocritement leur certificat d’honorabilité.
La prochaine étape – peut-être un prochain livre ? –pourrait parler de façon plus large de la situation des personnes vulnérables déjà évoquée dans le motu proprio du Pape François « Vos estis lux mundi », lycéens et étudiants en quête de discernement, personnes ne disposant pas individuellement des outils nécessaires à une bonne critique, blessés de la vie fragilisés par des accidents divers sensibles à une compassion affectée et à des promesses de guérison fallacieuses, jeunes religieux originaires de pays du Sud trompés par un boniment enjoliveur d’une dure réalité et engagés sans autre espoir de s’en sortir que la fuite dans une situation illégale de migrant.
Sur tous ces sujets, sur les douze travaux de l’Eglise, plus qu’un simple moment de vérité c’est une année sainte complète qu’il nous faudra passer avec Véronique MARGRON.

Cette citation est extraite de l’adresse au Consistoire sous le titre : « The challenge of the sects or New Religious  Movements. A pastoral approach.” Pontifical Council for Interreligious Dialogue. Rome 1991 n.9

Des Sectes dans l'Eglise ?

Critères pour un discernement pastoral
Giorgio Ronzoni (auteur) ; Gilbert Dautrebande (traducteur)
Collection : La part-Dieu ; Date de parution : 18-04-2019
ISBN : 978-2-87299-362-8


Y a-t-il ou non des sectes dans l’Eglise ?
La question est toujours évitée par ceux qui devraient se la poser. C’est un sujet dont on ne parle pas. Certes le mot « secte » est difficile à utiliser et l’on épiloguera longuement sur ce qu’est ou sur ce que n’est pas une secte. Faut-il pour autant contourner cette difficulté ? Nous pensons qu’au contraire elle doit être attaquée de façon frontale et il revient à Giorgio RONZONI le grand mérite de s’y être attelé tout en essayant de définir des critères pour un discernement pastoral.
L’auteur est prêtre, jésuite enseignant à la Faculté de Padoue. L’ouvrage publié aux éditions jésuites est préfacé par Luis Martinez Saavedra directeur de la collection La part-Dieu. « Giorgio Ronzoni ne fait mention ni de personnes, ni de mouvements précis, écrit-il. Ce n’est pas son but : il cherche plutôt, avec pertinence et compétence, à mettre en garde contre un phénomène qui a frappé et frappe encore au cœur des institutions religieuses. Il s’agit d’un instrument aidant à garder les yeux ouverts, face aux comportements bien « typés » qui agissent de façon sectaire et touchent notamment des jeunes personnes fragiles, au sein de communautés dites « nouvelles » adoptant en fait des pratiques révolues ».
Se référant à l’exhortation apostolique « Evangelii gaudium » Giorgio Ronzoni pointe d’abord le phénomène de prise de contrôle des paroisses par telle ou telle communauté qui doit s’intégrer dans la réalité du lieu pour éviter de demeurer « seulement avec une partie de l’Evangile et de l’Eglise ». Pour Ronzoni la circonlocution « seulement avec une partie de l’Evangile et de l’Eglise » est un euphémisme qui fait allusion aux mots bien plus graves d’ « hérésie » et de « schisme » - tellement graves qu’ils ne sont pas nommés ouvertement pense-t-il. Il est vrai que dans l’étymologie vraisemblable du mot secte, on trouve le verbe latin « secare » qui signifie couper. Toute dérive sectaire est bien une coupure, coupure réalisée par ceux qui s’approprient une partie de l’Eglise. De façon pertinente, Ronzoni a le mérite de nous remettre en mémoire les propos oubliés du cardinal Francis ARINZE, tenus au Consistoire ordinaire du 4-7 avril 1991 :
« Des méthodes utilisées par certains Nouveaux Mouvements Religieux sont contraires à l’esprit évangélique parce qu’elles ne respectent pas suffisamment la liberté de conscience. Quelques mouvements, par exemple, emploient des moyens de recrutement discutables ou absolument déloyaux, techniques d’entraînement, procédés d’endoctrinement, distribution d’argent, séparation psychologique des recrues vis-à-vis de leur famille et culte du chef ».
Dans un chapitre suivant consacré à « la conversion ou l’adhésion à la pensée de groupe », le lecteur averti retrouvera un certain nombre de débats déjà anciens sur le lavage de cerveau, notamment ceux de Robert Lifton, également sur les travaux approfondis de Margaret SINGER, intervenante de qualité qui a longtemps collaboré à l’ICSA. Le point faible est peut-être une référence un peu trop appuyée à son compatriote Massimo INTROVIGNE, certes bon connaisseur du phénomène sectaire, mais aussi lobbyiste dont les positions pour le moins ambiguës laissent le champ libre à ces mouvements abusifs au nom, prétendument, de la liberté religieuse.
Parmi les « bonnes feuilles » de ce chapitre, puisqu’il faut faire un choix nous retiendrons le paragraphe final consacré au « contrôle mental dans l’Eglise » : « Il n’est guère difficile, écrit-il, de reconnaître dans certaines de ces techniques de contrôles mental (i.e. techniques sectaires) des analogies avec des pratiques qui pendant des siècles ont structuré la vie dans les monastères et qui ne se sont assouplies que récemment. »… Et il note de façon pertinente : « Une certaine ascèse, qui a formé des prêtres, des religieuses et des religieux encore vivants et actifs dans l’Eglise, canalisait et soutenait la trajectoire idéale des jeunes vers un idéal de « perfection » inatteignable. On faisait grandir de la sorte les sentiments de culpabilité et les sujets étaient induits à ses sentir indignes, en les poussant à croire qu’ils devaient « s’engager plus », sans jamais être à la hauteur des idéaux proposés.
En revanche, le « jargon interne » au groupe et le « bombardement d’amour » semblent plutôt pratiqués par des communautés et mouvements nés à une époque plus récente ».
Avec la même liberté de ton il aborde dans le chapitre qui suit le problème des « leaders ». Il les nomme ainsi, mais nous aurons tous reconnu ceux que l’on appelle les « Pères », ou parfois aussi la « Mère », quand il ne s’agit pas d’un couple ! Ce sont les fondateurs de communautés, celles et ceux qui ont une autorité charismatique même s’ils manifestent par ailleurs des troubles psychopathologiques qu’il recense précisément.
Mais rien n’est simple : « A la pathologie du leader fait contrepoids celle des disciples qui souffrent d’un trouble de dépendance de personnalité ». [….] Ils sont capables de faire n’importe quoi pourvu qu’ils obtiennent assistance et soutien. « Viens avec nous, nous prenons sur nous la responsabilité de faire en sorte que tu sois bien, nous te dirons quoi faire ; tu ne devras plus te préoccuper de prendre des décisions tout seul ; nous ne t’abandonnerons jamais ». Message irrésistible pour les sujets ». Le leader, le « Père » rend ainsi un service à la secte. Ronzoni s’appuie pour cette affirmation sur l’analyse de Maria Luisa Maniscalco dont nous reproduisons un extrait : « Le chef, en effet, réussit habilement à interpréter, à définir et à exalter ce qui, au niveau individuel, est perçu de manière confuse et approximative ; ce faisant, il fonde et donne sens à l’union. De ce point de vue, on est d’accord avec beaucoup d’auteurs voyant derrière la naissance de chaque secte un individu doté d’une personnalité exceptionnelle qui réussit précisément à faire consensus inconditionnel autour de sa personne, de sa conception de la réalité et de ses projets ». La conséquence nous est bien connue : « Les adeptes doivent forcément « diviniser » le leader pour pouvoir se soumettre à lui et à ses règles dans un don de soi absolu pour le satisfaire pleinement.»
Quand il s’agit de sectes dans l’Eglise catholique nous écririons plutôt que les adeptes doivent forcément « canoniser » le leader, même de son vivant. Ils voient en lui, non pas un médiateur, mais LE médiateur. «Ce qui peut sembler pure folie et suprême irrationalité à qui n’appartient pas à la secte doit être considéré en réalité comme la résultante d’une logique différente, d’une dynamique qui place la volonté et l’élan, la foi et le don de soi au service d’une idée, d’un projet et de celui qui, mieux que les autres, les définit, les représente et les incarne ». […] le disciple, hypnotisé par la doctrine et le credo du chef, se sent délié des implications du principe de réalité ».
En conclusion, puisque « le catholicisme devient de plus en plus parcellaire – ou sectaire ? », Giorgio RONZONI revient à l’objectif essentiel de ses écrits : définir des critères pour un discernement pastoral. Il n’est pas un « va-t-en-guerre » comme pourrait le laisser supposer notre lecture abrégée de son livre. Il encourage plutôt à bien faire : « L’Eglise dans son ensemble doit continuellement donner la preuve qu’elle garantit à tous ses fidèles assistance dans leur croissance spirituelle et protection par rapport à des expériences nuisibles.
On ne peut retourner en arrière : les nouvelles communautés religieuses existent, prospèrent et ont été reconnues comme un don pour l’Eglise.[…] Ces nouveaux groupes doivent se développer et accomplir leur mission. C’est pour cela qu’ils doivent être correctement gouvernés à l’intérieur et de l’extérieur, comme il en va de toutes les réalités ecclésiales : instituts religieux, associations, séminaires, etc. Car dans les groupes, mouvements et communautés de fondation récente, la capacité d’autocritique et d’autocorrection est gravement déficiente, comme c’est le cas malheureusement dans la plupart des groupes fermés et enthousiastes.
Dans ce cas, on doit agir, et vite ».

MANISCALCO : Spirito di setta e società, Significato e dimensioni sociologiche delle forme settarie
p. 104-110 Edizione a stampa ; Codice ISBN: 9788820476090
 

https://www.editionsjesuites.com/fr/livre-des-sectes-dans-l-eglise--2204.html

Plus jamais ça !

L’ouvrage du père Pierre VIGNON est sorti en librairie le 2 janvier 2019. 

Nous vous livrons la présentation qu’en fait son éditeur :

  • Quand cela s’arrêtera-t-il ? Telle est la question qui vient naturellement aux lèvres quand on se penche sur le volumineux dossier de la pédophilie dans l’Église catholique. Premier prêtre à avoir dénoncé l’omerta qui règne au sein de l’institution, Pierre Vignon fustige ce mur de la honte, cette situation d’irresponsabilité, de bonne conscience et de couverture d’agissements « criminels » à laquelle se heurtent depuis trop longtemps des mineurs sans défense et des parents dépassés. Dépassés face à ces religieux qui s’étaient pourtant engagés solennellement « devant Dieu » à protéger « le faible » et « le pauvre ». Et qui ont fait le contraire. En toute impunité. Le père Vignon et l’essayiste François Jourdain expliquent quelles sont les causes d’une telle hypocrisie de la part de la hiérarchie, d’une telle faillite collective, d’une telle dérive quasi sectaire, et quelles solutions pourraient être envisagées pour que de tels drames ne se reproduisent pas et que justice soit faite. Pour les victimes.

  •  Nous vous livrons également quelques extraits choisis :

TRAVAIL DE DISSIMULATION
"Le bal des maquilleurs a dansé en col romain le quadrille de l'innocence. Ce travail de dissimulation a fait son œuvre. »

PROCEDES
"L'Église a joué le jeu pour se préserver elle-même. Elle a imposé son autorité sacrée et la manipulation des consciences en guise de dialogue. Elle a utilisé des procédés sectaires pour maintenir un statu quo social et religieux."

LE "CLERICALISME", VOILA L'ENNEMI
"Il est évident aujourd'hui que les dysfonctionnements relèvent d'un problème général qui se produit dans n'importe quelle organisation quand les structures de commandement autoritaire et sans contrôle extérieur s'installent et s'enkystent. Tout le fonctionnement ecclésial est mis en cause. Un mode d'organisation, totalement centrée sur elle-même, s'est mis en place. Le mal a été identifié : il s'appelle ici le "cléricalisme"."

MANIPULATIONS SECTAIRES
"Le dossier de la pédophilie ouvre celui de l'évolution nécessaire d'une organisation qui a pu dériver jusqu'à utiliser, dans certaines situations, des techniques de manipulation en usage dans les sectes. Le viol des consciences est bien un des signes du cléricalisme. Certains prêtres, certains évêques, certains responsables de communautés religieuses ont abusé de leur fonction et de leur pouvoir pour laver les cerveaux et assouvir leurs désirs sexuels ou de richesse. »

LAVAGE DE CERVEAU
"De tels processus n'ont pas été prônés. Ils sont la conséquence d'un certain mode de communication et de relation que le système a instauré à travers des filières de commandement verticales et autocratiques. Où finissent, dans ces conditions, l'enseignement du message religieux et la liberté de croire et de penser et où commence le lavage de cerveau ?"

CULTURE DE L'ABUS
"Tous les rapports scientifiques remontant à la racine du mal mettent en évidence une "culture de l'abus" généralisée au sein du pouvoir clérical. Tel est d'ailleurs ce qui frappe aussitôt celui qui écoute les victimes. Certains prêtres et évêques abusent de leur position de "serviteurs de Dieu".

"Et quand les victimes ont réagi immédiatement, elles ont été sommées de se taire par la hiérarchie religieuse et souvent par leur entourage. Des parents ont même soutenu le prédateur qui abusait de leur enfant. Ces prêtres criminels ont agi et ont été protégés en vertu de principes moraux et sacrés dont ils étaient censés donner l'exemple. »

DERIVES SECTAIRES DANS DES COMMUNAUTES CATHOLIQUES. 

Tout vient à point à qui sait attendre.

L’AVREF a attendu 20 ans et ce document de l’épiscopat français paru en 2018 est le signe de reconnaissance qu’il existe des DERIVES SECTAIRES DANS DES COMMUNAUTES CATHOLIQUES

Evidemment aucune communauté n’est désignée dans cette publication et on ne trouvera aucune allusion à qui que ce soit car il ne faut fâcher personne. Mais ce document existe : on peut le commander, le feuilleter, en discuter avec des amis. C’est donc qu’il existe bel et bien des dérives sectaires au sein de communautés : cette reconnaissance est une victoire. « La seule réponse au mal est de combattre » nous dit en effet, dans son introduction, Mgr PLANET évêque de Carcassonne et Narbonne, responsable au sein de la Conférence des Evêques de la cellule qui traite de ce lourd problème… Une cellule qui a eu du mal à voir le jour… Annoncée en 2007, il a fallu l’appel de Lourdes (octobre 2013) pour qu’elle soit constituée. Elle reste une « cellule ». Elle n’est pas un Service ou une Direction à part entière dans l’organigramme de la Conférence des Evêques. Peut-être le sera-t-elle un jour quand tous seront persuadés qu’il n’y a pas que des abus sexuels à traiter si on veut « guérir » l’Eglise catholique.

C’est donc avec une petite équipe rapprochée que ce document a été rédigé et composé. On y lira d’abord avec intérêt l’exposé de Sœur Chantal-Marie SORLIN, ancien magistrat, qui connaît bien le sujet et détaille  avec pertinence les critères permettant de poser le juste diagnostic. Ensuit Madame Brigitte MIDON, secrétaire de la Cellule s’interroge avec a-propos sur la manière de « faire de la vie » avec les blessures créées par le contexte sectaire. Ses référentiels vont d’Hannah Arendt au Pape François. Bel éclectisme ! Une psychologue, ensuite tente une explication du phénomène d’emprise si difficile à cerner.  Elle le distingue bien du dysfonctionnement de relation qu’est l’abus de pouvoir. Elle nous évite le diagnostic souvent erroné résultant de la confusion des deux. Mais parfois le mélange des deux genres est bien présent ! Abus de pouvoir et dérive sectaire sont bien imbriqués. Saluons enfin la contribution de Mgr Philippe GUENELEY, évêque émérite de Langres qui nous rappelle les grands objectifs : « écouter, accueillir la souffrance de l’autre, soigner » et plaide pour un accompagnement diversifié et concerté qu’il appelle le « trépied » : accompagnement spirituel, accompagnement institutionnel, accompagnement médical ou psychologique. Nous ne pouvons que souscrire tout en déplorant l’absence des moyens nécessaires à la mise en place de ce trépied.  Trois pieds qui pourraient d’ailleurs repasser à quatre ou cinq, ou même plus si on y incluait également l’aide d’urgence et l’accompagnement matériel ainsi que l’aide au logement, le soutien à la reconstruction professionnelle, la recherche d’emploi, les choix de formation…


Signalons enfin qu’un grand coupable n’est pas mentionné dans le document : il s’agit de l’abus spirituel. Attendons donc qu’une prochaine édition vienne combler ce manque.


ISSN 1257-2047. Diffusion :  service publications de la CEF.
Vente au numéro : http://publications.cef.fr.  Tél . 01 72 36 68 52
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Abus spirituels et dérives sectaires dans l'église

"Comment s'en prémunir ?"

de Blandine de Dinechin et Xavier Léger

Qui est à l’abri d’un abus spirituel dans l’Église ? Comment expliquer à quoi cela ressemble et comment s’en prémunir à partir de ce que des victimes de communautés à caractère sectaire en disent ?


La médiatisation d’abus sexuels dans l’Église a provisoirement occulté une autre réalité : l’abus spirituel associé à des phénomènes d’emprise. Perte progressive de liberté intérieure, soumission aveugle et infantile à un « supérieur », relation pervertie d’accompagnement spirituel où un autre prétend orienter et gouverner une vie « au nom de Dieu », abus de pouvoir, paroles et gestes déplacés qui violent un cœur et une conscience aveuglée…


Résultat d’un partage de nombreuses expériences et d’un dialogue entre une professionnelle de l’écoute et un ancien membre d’une communauté déviante, ce livre a pour objectif de mieux faire connaître le mode de fonctionnement de prédateurs spirituels, d’aider à identifier les risques encourus, de proposer un mode de présence aux victimes potentielles ou avérées. Il suggère des pistes d’amélioration dans le fonctionnement d’un système ecclésial qui doit d’urgence ouvrir les yeux sur des dérives qui brisent pour longtemps des femmes et des hommes généreux.


POINTS FORTS

-  Un récit qui s’appuie sur de nombreux témoignages de victimes.
- Un livre salutaire qui contribue à ouvrir les yeux sur les dérives sectaires et les manipulations spirituelles au sein de certaines communautés catholiques.

AUTEURS

Blandine de Dinechin, après avoir été journaliste à Bayard Presse, a publié, en tant que co-auteure, plusieurs livres de témoignages sur des questions de société. Elle exerce depuis 20 ans un métier d’écoute en tant que conseillère conjugale et familiale.
Xavier Léger, aujourd’hui instituteur, a eu à subir pendant 7 ans des phénomènes d’emprise spirituels au sein d’une communauté qu’il a quittée. Il est l’auteur de Moi, ancien légionnaire du Christ et également le créateur du site « L’envers du décor » qui traite des dérives à caractère sectaire dans l’Église catholique.
 

La Tyrannie du Silence

Editeur : LE CHERCHE MIDI, janvier 2019
ISBN 10 : 2749160987
ISBN 13 : 9782749160986

La tyrannie du silence
J'étais carmélite, et un prêtre m'a violée
 de Claire Maximova

Originaire d’Ukraine, née dans une famille orthodoxe non croyante durant la période soviétique, Claire Maximova est aujourd’hui professeure d’anglais dans un collège-lycée de région parisienne. Elle a consacré presque trente ans de sa vie à sa foi, dont dix ans dans l’ordre du Carmel.

Alors qu’elle a 16 ans, en Ukraine, sa  vocation lui apparaît : sa vie est à Dieu. Quelques années plus tard, elle entre au Carmel en France, avec le désir d’y trouver le silence sonore de la contemplation. Idéaliste, elle doit affronter la réalité d’une communauté vieillissante, dans un monastère insalubre. Comme dans un puits noir, elle va tomber dans le silence oppressant de l’isolement.
Peu après ses vœux solennels, un carme devient son frère spirituel. Une relation de confiance se noue, dont le prêtre va se servir : l’accompagnement s’étend jusqu’à devenir une emprise qui culmine avec les abus physiques.
Claire se décide finalement à parler – sans se douter qu’elle se heurtera, là encore, à un silence funeste : ses signalements seront étouffés. Malgré tout, elle avance, change de vie et alerte le procureur de la République ainsi que les instances ecclésiastiques supérieures.
Dans ce récit poignant, elle met enfin des mots sur son vécu et entrouvre les portes du Carmel, lieu secret s’il en est. Si, jusqu’à maintenant, les abus spirituels et sexuels étaient associés aux déviances des communautés dites nouvelles, cette fois-ci, la question se pose dans un ordre aussi ancien et prestigieux que le Carmel.

 Ce livre est déjà un best-seller après que l’auteure soit passée dans différentes émissions de télévision pour livrer son témoignage qui a touché le public.

LES MARCHANDS D'âmes

de Pascal Michelena.
Enquête au coeur des Béatitudes : les thérapies chrétiennes en question.
L'Etat français, depuis quelques années, se penche sérieusement sur la réglementation de la profession de psychothérapeute. Or, les séminaires de formation de " thérapie chrétienne" (guérison intérieure, psycho-spirituel, Agapéthérapie, etc.) organisés par nombre de communautés catholiques charismatiques, dont les Béatitudes, ont été reconnus officiellement par les pouvoirs publics donnant ainsi la possibilité aux professionnels de santé de se faire financer et aux responsables de la mouvance charismatique de calquer leurs tarifs sur la base des organismes de formation professionnelle. Cependant, outre l'aspect financier, ni le contenu de la formation, ni la compétence des formateurs n'ont été contrôlés. D'autant qu'à l'épreuve des faits, ainsi que le raconte magistralement l'auteur du présent ouvrage qui l'a vécue personnellement avec sa famille, l'inexpérience et l'incompétence qui règnent en maître dans ces formations " psychospirituelles " sont contrebalancées par l'aspect transcendant de la démarche : dans tous les cas, c'est Dieu qui guérit, le rôle du " thérapeute " est ainsi réduit à sa plus simple expression dans le processus thérapeutique global. La démarche finissant devant le Saint sacrement, la responsabilité de la " réussite thérapeutique " ne repose donc plus sur le professionnalisme des accompagnateurs mais sur le bon vouloir d'un Dieu instrumentalisé. L'objectif de l'ouvrage " Les marchands d'âmes " vise à comprendre puis à montrer les éléments qui ont fait basculer progressivement les responsables des communautés charismatiques vers une manipulation mentale et spirituelle des personnes qu'elles accueillent pour un "discernement". Le grand intérêt du livre de Pascal Michelena est de faire rentrer petit à petit le lecteur dans un univers spirituel liberticide dont les schémas sont proches de certaines sectes. Et cela, sur fond de silence des institutions ecclésiales officielles.

vie religieuse et liberté 

Un document édité par la CORREF sous l’égide de la Conférence Monastique de France doit retenir notre attention. Il s’intitule « vie religieuse et liberté ». Cette parution sous-titrée « approche canonique, pastorale, spirituelle et psychologique «  a un intitulé qui masque quelque peu le vrai sujet traité : les dérives sectaires dans les communautés religieuses.
L'ouvrage préfacé par le père François YOU, président de la conférence monastique de France, est conçu tant sous forme de mises en garde que d’explications renouvelées sur la bonne distinction qu’il convient d’opérer entre for interne et for externe, les deux « fors », ainsi que sur les bonnes formes d'autorité et d'accompagnement.
C’est une production harmonique en quatuor : quatre auteurs s’y succèdent en effet, deux hommes et deux femmes.
I - Sœur Chantal-Marie SORLIN introduit le débat par un exposé clair et complet sur « les dérives sectaires dans les communautés catholiques ». Deux religieux lui succèdent, qui ont tous deux une expérience du problème.
II - Le frère Loïc Marie LE BOT qui avait enquêté sur les POINTS CŒUR nous parle du « respect du droit comme prévention des dérives et des abus de pouvoir ». Peut-être est-il un peu trop confiant dans le droit canon, mais encore faudrait-il tout simplement l’appliquer pour éviter bien des ennuis. C'est ce qu'il explique. D’ailleurs il va lui-même plus loin en rappelant qu’il appartient à l’autorité de savoir « créer un climat de confiance » […] « Le risque d’infantilisme doit aussi être stigmatisé, comme tout à l’heure des les risques de paternalisme et de maternalisme » […] « Le service de l’autorité est un service de personnes. L’autorité en confiant tâches et ministères, devra tenir compte de la personnalité de chacun, de son caractère et de ses capacités comme de ses aspirations religieuses. »
[…]...Plus

LE SILENCE DE LA VIERGE

C’est avec un « coup de cœur » particulier que nous vous présentons le livre de Marie-Laure JANSSENS, le silence de la vierge, qui a fait l’objet le 18 octobre 2017 d’une présentation publique organisée conjointement par l’éditeur Bayard-Presse et par l’AVREF.
L’auteure, ancienne religieuse de Saint Jean, nous y livre grâce au travail qu’elle a effectué avec Mikaël CORRE, journaliste au Pèlerin, une analyse très fine du processus d’emprise dont elle a été la victime pendant une décennie. Certains y verront une nouvelle charge contre la « famille » Saint Jean. Ce n’est pas l’objet : cette congrégation, connue pour divers scandales, a déjà fait l’objet d’un « livre noir » de l’AVREF consultable ici même sur notre site internet.

Une des questions que pose le livre est une fausse conception du vœu d’obéissance entretenue parmi différent(e)s «supérieur(e)s» de communautés, ce terme de « supérieur » prêtant lui-même à confusion. En effet écrit-elle «J’avais remis les rênes de ma vie à mes supérieures» et elle précise : « …l’exigence d’«ouverture du cœur». Je devais en effet, à intervalles réguliers, remettre mes fautes, mes doutes, mes pensées mauvaises, à une personne que je n’avais pas choisie, mais que je recevais de Dieu comme son instrument.»
Le résultat : «Cet abandon de mon propre jugement me paraît aujourd’hui relever d’une incroyable imprudence. La vérité, celle que je cherchais en entrant dans la communauté, était devenue extérieure à moi-même». … «J’étais plutôt sous respirateur artificiel, dans une vie qui n’était pas pour moi.»
En fait elle était bien sous emprise mentale, un état de servitude et de dépossession de soi que la loi pénale française condamne en le désignant comme « abus de faiblesse ». Plus...

VOICI JE VIENS

La vocation religieuse
Jean-Claude LAVIGNE
Oser la vie religieuse.
Un chemin de discernement
Chez Bayard
 
 
On peut, au point de départ, être attiré par tel ou tel religieux ou religieuse, mais la vie religieuse est communautaire et ne peut pas se construire sur une relation avec un seul membre. Une relation singulière est souvent le passage obligé dans les commencements (souvent ce sera le responsable des vocations, l’hôtelière du monastère…), mais elle doit s’élargir à tous ceux et celles qui dans leur diversité composent la communauté, y compris ceux ou celles qui à première vue semblent peu accueillants, voire revêches. Ne pas devenir dépendant de telle sœur ou de tel gourou ou leader est une exigence.
 
Le bien-être ressenti au contact d’une seule communauté ou d’un seul type de frères ou de sœurs ne suffit pas pour s’engager dans un institut de vie apostolique ; il conviendra donc de rencontrer diverses manières de vivre la même spiritualité pour commencer à vérifier une intuition vocationnelle.


DE L’EMPRISE A LA LIBERTE

Dérives sectaires au sein de l’Eglise
Témoignages et réflexions
Sous la direction de Vincent Hanssens – éditions MOLS - mars2017

Le livre est construit sur des témoignages de personnes qui ont souffert de dérives sectaires dans des mouvements contemporains au sein de l’Eglise catholique et qui font part de l’épreuve qu’elles ont endurée.
Ces témoignages sont au nombre de 11 et ont été recueillis sous forme de réponses à un questionnaire portant sur leur expérience de participation à l’un des mouvements évoqués, soit, en l’occurrence, les Focolari, les Légionnaires du Christ et l’Opus Dei.
Vincent Hanssens, psychosociologue, professeur émérite à l’Université catholique de Louvain, sous la direction duquel le livre a été rédigé, fait une première analyse des réponses, en s’attachant essentiellement aux relations que ces témoins ont eues dans leur mouvement d’appartenance et qui ont été marquées par ces dérives : notamment leurs rapports à la hiérarchie, à la direction spirituelle, aux autres membres, à l’Eglise, aux personnes extérieures… analyse qui porte aussi sur les obligations, les contraintes, voire les ordres, auxquels ils ont été soumis , sur le sens et sur l’impact que cela a eu sur eux. Travail assorti de commentaires interprétatifs notamment sur l’interaction complexe et source fréquente de confusion, entre pouvoir et spiritualité et sur la difficile cohabitation entre la guidance spirituelle et la gestion organisationnelle. Plus...

Gilbert KLEIN

« Dérives sectaires et droits fondamentaux »
Par Gilbert KLEIN, aux éditions « Connaissances et savoirs » - 2016

Si la littérature consacrée aux aspects psychologiques de la dérive sectaire et aux manifestations de l’emprise mentale est abondante, par contre peu d’ouvrages et de recherches ont été consacrés aux aspects juridiques de la question que ce soit en droit pénal, mais aussi en droit administratif et par rapport aux libertés publiques.
On doit donc savoir gré à Gilbert KLEIN, président du Cercle Laïc pour la Prévention du Sectarisme de Vesoul, de s’être attaqué à ce sujet difficile puisque, nous dit-il à juste titre dans son ouvrage Dignité – Liberté, « l’administration semble ne disposer d’aucune norme à même de lui dicter les principes d’une réponse cohérente au défi des dérives sectaires. »
« Dignité – Liberté », le titre sonne bien. Le contenu est ambitieux : « Dérives sectaires et droits fondamentaux » . Le constat initial est inquiétant : « Les groupes à dérive sectaire bénéficient de droits étendus…
En effet ils peuvent développer leur activité dans un contexte de liberté.
L’état des lieux n’est pas rassurant : « Il manque au droit administratif interne une perception claire des dérives sectaires. »
L’absence de réponse est pointée du doigt : « L’administration semble ne disposer d’aucune norme à même de lui dicter les principes d’une réponse cohérente au défi des dérives sectaires »
Et que dire de l’emprise, base de tout abus sectaire ?: « L’emprise est une notion mal connue. »  Plus...

De l’enfer à l’endroit  

la fable de la grenouille

« Vous connaissez sans doute le conte de la grenouille ébouillantée. Il suffit de la placer dans une casserole contenant de l’eau à peine tiède et d’augmenter lentement, graduellement la chaleur. La grenouille ne sent rien, et manquant de vigilance, meurt échaudée avant de pouvoir se rendre compte de ce qui lui arrive. L’exemple illustre aussi un aspect de la psychologie humaine : nous avons tendance à accepter les choses qui s’implantent lentement mais régulièrement, même lorsqu’elles en viennent à contrôler notre vie. Nous finissons par nous réveiller un jour et nous retrouver dans l’eau bouillante. »
C’est ce qui est arrivé à Myriam Declair et, si elle cite cette fable, dans son ouvrage « De l’enfer à l’endroit » paru aux éditions Ourania, c’est parce qu’elle a passé dix ans dans une secte où elle est entrée bien jeune.
Son récit est captivant mais aussi douloureux :
« Il est terrible de se réveiller un jour et de prendre conscience que l’on s’est trompé dans un domaine essentiel de sa vie, et que des mauvais choix nous ont poussé à commettre des actes, que l’on est amené à regretter profondément par la suite. Peut-être vous est-il déjà arrivé de goûter une amande amère ? Tout d’abord, elle vous paraît bonne, surtout enrobée de chocolat, mais une fois dans la bouche, son goût nous surprend et nous déçoit. Il en fut de même pour moi en ce qui concerne les idées émises par la secte. Au premier abord, elles semblaient tentantes et délicieuses, même parfois proches des vérités bibliques, mais, de leur mise en pratique, je garde l’amère saveur de mensonges insoupçonnés. »(Page 68)  Plus...

Le désir de tourner la page

Lytta BASSET
Le désir de tourner la page
Au-delà du pardon
Collection spiritualités vivantes chez Albin Michel
ISBN 978-2-226-22164-3

Le récent procès de Jean-Dominique LEFEVRE, frère de la Congrégation St Jean, qui s’est tenu à Chalon à la fin mai 2015 a démontré s’il en était besoin combien il est difficile de « tourner la page » quand on a été victime.
Dans le cas présent il s’agissait d’abus sexuels sur mineures. Le journal LA CROIX du 22/05/2015 relate :
«  Âgées de huit ans au moment des faits, ces jeunes femmes ont raconté avec une immense dignité les conséquences épouvantables de cette blessure sur leur vie. »
C’est bien le même constat que fait Lytta BASSET en avant-propos de son ouvrage dont nous signalons qu’il a obtenu le prix 2007 de littérature religieuse., un petit livre de 140 pages réédité en format poche, peu coûteux et aisé à lire en chapitres bien découpés : Plus...

Rêver l’Eglise catholique

Michel QUESNEL
 Rêver l’Eglise catholique
Chez Desclée de Brouwer
ISBN 978-2-220-06485-7

Il arrive que les évêques d’un pays rappellent aux gouvernants les règles de l’Eglise catholique en matière de procréation et la fin de vie – la morale individuelle-, il arrive aussi qu’ils le fassent sur des questions de justice sociale et d’économie ; reste que , globalement, elle ménage plutôt les pouvoirs étatiques. On est parfois dans le rappel, grâce à des déclarations écrites et, du côté du Saint-Siège, grâce à des encycliques, rarement dans la dénonciation. Lorsque dénonciation il y a, elle en général le fait d’individus isolés, dont plusieurs payèrent de leur vie la force de leur parole : Mgr Oscar Romero au Salvador, le père Jerzy Popieluszko en Pologne en sont des exemples fameux. Au XXème siècle, des chrétiens et des catholiques ont été persécutés en nombre, et cela se continue au XXIème. Mais leur meurtre est plus souvent le fait de fanatiques religieux hostiles au christianisme que de gouvernants déstabilisés par la dénonciation de prophètes catholiques modernes. Le modèle de saint Jean-Baptiste est peu suivi.

Les raisons d’une posture aussi modérée sont multiples. La place manque pour qu’on puisse même en exprimer quelques-unes. Reste que, globalement, l’Eglise catholique donne plus le spectacle d’un groupe assurant ses positions, que celui d’un peuple de prophètes dénonçant la corruption et l’injustice qui continuent de s’étaler avec arrogance un peu partout dans le monde.

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Les Eglises qui abusent

Dédié à ces chrétiens qui ont mal et pensaient que personne ne prenait garde ou ne comprenait. Vous n’êtes pas seuls.

« Churches that abuse »

« Les Eglises qui abusent »

par Ronald Enroth

 
Nous avons conservé dans cette traduction le terme « églises » employé par l’auteur et correspondant bien à la situation des Etats-Unis. Un écrivain européen aurait plutôt utilisé le terme « communauté », « congrégation » ou « mouvement ecclésial». Le lecteur saura faire la transposition qui convient.
 
Ronald M. Enroth est professeur de sociologie au Westmont College à Santa Barbara en Califonie. Il est un expert reconnu et respecté sur les mouvements religieux. Il a écrit de nombreux articles et livres sur les cultes et les groupes religieux aberrants. Il est membre du comité de rédaction du Cultic Studies Journal, qui est publié par la Fondation Américaine de la Famille, éditrice du Cult Observer.
Ses livres sur les abus spirituels sont disponibles, gratuitement en ligne sur le site Web de la Librairie Chrétienne Evangélique. Pour nos lecteurs familiers de la langue anglaise voici le lien :
 
L’adresse web pour RECOVERING FROM CHURCHES THAT ABUSE est:
www.ccel.us/churchesrec.toc.html
 
L’adresse web pour CHURCHES THAT ABUSE est :
www.ccel.us/churches.toc.html

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Abus de faiblesse et autres manipulations

de Marie-France HIRIGOYEN
« La manipulation fait partie de la vie, ce qui fait la différence, c’est l’intentionnalité. »
Nous avons lu pour vous et apprécié le livre de Marie-France HIRIGOYEN, « Abus de faiblesse et autres manipulations ». Ceux qui pensent y trouver des réponses précises aux questions posées par la dérive sectaire ainsi que de profondes intuitions sur la récupération des aspirations religieuses de l’être humain par les gourous et les sectateurs fondateurs de mouvements, en seront pour leur faim. L’auteure s’est orientée délibérément sur les manipulations pratiquées dans un cadre familial et les abus constatés dans cet univers clos, les plus fréquents apparemment. Néanmoins nous avons relevé dans son ouvrage de bonnes définitions ainsi que de judicieuses impertinences et nous ne résistons pas à l’envie de vous les faire partager.

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LES INSTITUTS SÉCULIERS


Extraits du livre de Pierre LANGERON sur LES INSTITUTS SECULIERS
(éditions du Cerf)
Nota : La mise en gras de certains passages est de notre fait.
Travailler dans ce vaste champ du monde implique en même temps quelques exigences dont quatre au moins peuvent être relevées :
- la compétence professionnelle : il faut « que vous soyez, au niveau du savoir et de l’expérience, vraiment compétents dans votre domaine spécifique pour y exercer, grâce à votre présence, cet apostolat de témoignage et d’engagement envers les autres que votre consécration et votre vie dans l’Eglise vous imposent » ( Jean-Paul II, discours aux instituts séculiers du 28 août 1980, n° 13
- le respect de l’autonomie des réalités terrestres
- le discernement d’une conscience éclairée et l’audace
- Préserver la finalité de l’engagement professionnel et social  

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LES FANATIQUES
Bernard Chouvier

Editions Odile Jacob – avril 2009
 
L’auteur : Bernard CHOUVIER est professeur de psychopathologie clinique à l’Université de Lyon-II. Il dirige le Centre de recherches en psychopathologie et psychologie clinique de cette même université.
 
« Si la religion est du côté du symbolique (ce qui unit), le fanatisme est du côté du diabolique (ce qui divise »).
 
La méthode du livre est de « suivre au plus près quelques figures historiques pour tracer les portraits les plus significatifs du fanatique. Découvrir les ressorts psychiques qui poussent et guident ces personnages offre la possibilité d’appréhender de l’intérieur ce qui fait le fanatique ».
Ainsi Bernard CHOUVIER passe tour à tour en revue divers personnages de fanatiques pris dans la mythologie, ou dans l’histoire antique ou contemporaine. Tour à tour il nous présente :
 
-       l’inspiré : la folie divine
-       le possédé : une croyance qui aveugle
-       l’initié : sous l’emprise de l’idéal
-       l’enragé : le bras armé du chef
-       le terroriste ou les vertiges de la destructivité
-       du martyr au kamikaze : les adeptes du sacrifice
-       Et il observe, pour terminer une déviation contemporaine qu’il appelle  « le fanatisme privé ».

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Alexandre MEN Par Yves HAMANT 

Bibliographie :
 
Alexandre MEN
par Yves HAMANT
 
Editeur : Nouvelle Cité août 2000

« Un livre est comme une flèche tirée avec un arc. Pendant que tu te reposes il travaille pour toi. » Cet aphorisme extrait de l’ouvrage de Yves HAMANT « Alexandre MEN » illustre bien le propos de l’auteur. La flèche qu’il a tirée en publiant cette biographie en l’an 2000 s’est retournée vers son auteur : se doutait-il qu’après plusieurs révolutions elle l’atteindrait au cœur quelques treize ans plus tard et l’obligerait à se mettre en mouvement.
 
 Cette biographie d’Alexandre MEN, prêtre orthodoxe assassiné à coups de hache au temps de la Perestroïka, fournit en effet, à son corps défendant, un éclairage sur l’auteur lui-même et permet avec le recul du temps de découvrir les clés permettant de mieux comprendre la motivation et le comportement de Yves HAMANT, porte-parole du Collectif qui a secoué l’Eglise de France.
Rappelons brièvement les faits : au nom d’un Collectif de 40 signataires auquel plusieurs membres de l’AVREF étaient associés, Yves HAMANT a su interpeller le 13 novembre dernier, dans un courrier désormais connu sous le nom d’Appel de Lourdes, la Conférence des Evêques de France à propos des dérives sectaires constatées dans certains milieux religieux. Et, qui mieux est, il a pu obtenir une réponse écrite de son président, Monseigneur PONTIER reconnaissant ainsi la vérité des faits incriminés.

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Les Ouvrages de Jean VERNETTE

Mgr Jean VERNETTE (1929-1952) était connu pour sa grande connaissance des sectes.
En 1973, le Conseil permanent le nomme délégué de l’épiscopat pour les questions sur les sectes et les nouveaux courants religieux. Responsable du service national «Pastorale, sectes et nouvelles croyances» dans la commission épiscopale de la Mission universelle de l’Église en France, il a collaboré à plusieurs revues et rédigé de nombreuses publications sur les sectes. Parmi celles-ci nous recommandons aux internautes :

 Les sectes /Jean Vernette, 1997, PUF / Que sais-je ?
Les sectes : que dire ? que faire ? / Jean Vernette, 1990, Editions Salvator
Sectes et réveil religieux. Quand l'occident s'éveille / Jean Vernette, 1976, Editions Salvator.

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Quand une religion devient-elle une secte? 

par MITCH HOROWITZ

Le document qui suit est extrait du site Internet « life after rc », la vie après Regnum Christi, Regnum Christi étant une composante essentielle de la Légion du Christ, mouvement dont les scandales et dérives liés à la personnalité de son fondateur, Maciel, ont été largement commentés dans l’ensemble des medias.
Le sous-titre en est : “Making sense of the Church after experiencing the Regnum Christi Movement” que l’on peut traduire “Donner du sens à l’Eglise après avoir fait l’expérience du mouvement Regnum Christi”.
Il est traduit de l’américain par nos soins et présente une explication originale du phénomène de transformation en secte d’une religion valable dans le Nouveau Monde, mais aussi dans notre vieille Europe.

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MOI, Ancien Légionnaire Du Christ

7 ans dans une secte au cœur de l’Eglise. Flammarion document, août 2013
Le témoignage de Xavier LEGER que certains connaissent bien à l’AVREF est sorti cet automne en librairie, édité chez Flammarion. Il retrace de façon détaillée et vivante le parcours personnel de l’auteur depuis son enfance, son entrée à la Légion du Christ, les sept années qu’il y a passées, souvent malmené, régulièrement déplacé, jusqu’à sa sortie. Sortie physique d’abord, puis sortie difficile et progressive de l’emprise dans laquelle ce mouvement l’avait enserré et étouffé psychologiquement.

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METAMORPHOSES

Une idée de cadeau à l’approche des fêtes : METAMORPHOSES de François VALLEJO Editions Viviane Hamy

LA CONVERSION

Une BD sur les sectes…
Tour à tour inquiétantes et fascinantes, les sectes intriguent. Dans LA CONVERSION (Atrabile), Matthias Gnehm explore le système de l’intérieur en nous offrant une plongée glaçante dans le quotidien d’un petit village suisse bouleversé par l’arrivée d’un étrange pasteur.

“Personne ne te croira”  

(abus sexuel dans l’Eglise)
de Danielle Scherer, aux éditions Albin Michel, janvier 2012
Après la sortie du livre de Solweig ELY, « Le silence et la honte », dont nous nous étions fait l’écho dans une précédente rubrique, le récit de Danielle Scherer vient, à son tour, renforcer la prise de parole des victimes d’abus dans le milieu ecclésial.

“Le silence et la honte”

de Solweig Ely,

chez Michel Lafon, éditeur, ; novembre 2011
Au cœur de l’été 1989, les parents de Solweig décident de se retirer du monde pour rejoindre la communauté religieuse des Béatitudes, avec leurs quatre filles. Solweig se retrouve livrée à elle-même dans une vaste abbaye où chacun vit sous l’emprise d’un « berger » tout-puissant. 

Que dire ? que faire ?

de Jean VERNETTE, Editions Salvator – Mulhouse – 1995

Les Naufragés de l’esprit

de Thiery BAFFOY, Antoine DELESTRE et Jean-Paul SAUZET, Editions du Seuil – 1996

Les charlatans de la santé

de Jean-Marie Abgrall – Documents Payot

Le divin et le divan

« Petits écueils ordinaires de la foi » de Macha Chmakoff, Editions Salvator
Macha Chmakoff, dans son ouvrage, utilise certaines notions psychanalytiques pour repérer les petits écueils ordinaires de la foi. Elle y fait apparaître des points de repère fondamentaux qui pourront intéresser les croyants de toutes les religions.
Présentation de l’ouvrage :
Macha Chmakoff nous met en garde contre de « petits écueils ordinaires de la foi ». L’humanisation et la spiritualisation d’un être peuvent en effet parfois subrepticement mal s’articuler et entraîner des déviations plus ou moins fortes et destructrices. Psychologue, Macha Chmakoff démonte les mécanismes de notre croissance, pose les bonnes questions et nous renvoie à notre chemin de vie. Une réflexion importante et fine.

LA PAROLE MANIPULEE

Philippe BRETON
Editions la Découverte, 2000
ISBN 2-7071-4419-3

« La plus grande résistance à admettre l’idée que la manipulation est bien présente, là, autour de nous, est qu’il n’est guère agréable de se laisser dire que l’on est, ou que l’on a été manipulé. Mieux vaut se croire indemne de toute influence. Or la première étape de toute manipulation consiste justement à faire croire à son interlocuteur qu’il est libre. »

C’est autour de cette idée-force que Philippe BRETON, professeur des universités, au centre universitaire d’enseignement du journalisme à Strasbourg, auteur de nombreux ouvrages sur l’argumentation, les utopies de la communication, l’éloge de la parole, a bâti le fil directeur de son ouvrage sur « la parole manipulée ». Il rejoint ainsi les théories de la soumission librement consentie déjà mises en évidence par J.L. BEAUVOIS et R.J. JOULE dans leur ouvrage célèbre, le Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens paru aux Editions des Presses Universitaires de Grenoble qui fait autorité depuis 1987. L’ouvrage de Philippe BRETON nous interpelle toutefois plus vigoureusement parce qu’il voit dans la manipulation ce que n’y voit pas la victime, ou l’adepte : une action violente. Il nous interpelle aussi car, à l’AVREF où nous recevons des appels, nos écoutants sont frappés de la façon dont parmi toute une tranche d’âge, nombreux sont ceux qui sont manipulés et recrutés dans des communautés qui persuadent sans vergogne et sans discernement des jeunes qu’ils « ont la vocation ». Plus...

Emprise et manipulation, peut-on guérir des sectes ?

de Jean-Claude MAES, chez de Boeck, éditeur, 02/2010,
collection: carrefour des  psychothérapies
Présentation de l’ouvrage :
Le phénomène sectaire est habituellement décrit comme l’emprise d’un gourou sur un adepte. Mais l’expérience de terrain démontre que cette approche est insuffisante. On ne peut étudier les phénomènes d’emprise sans tenir compte du contexte global dans lequel évolue la victime et des relations qu’elle entretient avec son entourage.
Outre le fonctionnement du gourou, de l’adepte et de leur relation, il faut se pencher sur la façon dont certains proches non adeptes, que Jean-Claude Maes désigne sous le nom de co-adeptes, participent sans l’avoir voulu à la mécanique mise en place par le gourou. L’enjeu d’une telle lecture est double: pour les ex-adeptes, il s’agit de réparer les liens qu’ils ont malmenés pendant leur passage au sein d’une secte ; pour les co-adeptes, il s’agit de trouver des moyens d’agir sur le système d’emprise en changeant leur propre fonctionnement, sachant qu’ils ne doivent rien attendre ni de l’adepte, ni du gourou.

Comprendre l’action des sectes

de Marc BOUDERLIQUE, Editions « chronique sociale » 1996

Ouvrages en langue anglaise

De nombreux ouvrages en langue anglaise sur le même sujet pourront être conseillés et achetés par l’intermédiaire du site suivant:
http://www.factnetglobal.org
Since 1993, Discussion, Resources and Support for Recovery from the Abusive Practices of Religions and Cults
Factnet, organisme à but non lucratif, aide les anciens adeptes à soigner les abus causés par les cultes ou les sectes. Il traite de tous les sujets relatifs aux abus d’ordre financier, sexuel, psychologique, théologique ou d’endoctrinement rencontrés dans une religion ou un mouvement à dérive sectaire.