L'Institut du Christ Roi Souverain Prêtre

Créé en Italie en 1988 avec l’appui de prélats de ce pays et basé à Gricigliano près de Florence, cet Institut est implanté dans plusieurs diocèses dans le monde tantôt sous la forme de prieurés, ou de chapelles dédiées, ou encore d’écoles hors contrat. Ses relations avec les épiscopats locaux sont souvent difficiles, l’Institut fonctionnant de façon autarcique par rapport aux Eglises diocésaines.
Un séminaire est installé à Gricigliano, un couvent de religieuses également, et c’est là que l’ICRSP dirigé par un prieur/modérateur auto-proclamé, Mgr Wach, y fait ordonner ses prêtres. Le culte de la tradition associé au goût du luxe et à un faste d’un autre âge caractérise cet institut qui dispose d’importants moyens financiers, et d’une sorte de « cour » autour de son prieur. Malgré des dépenses plutôt somptuaires le régime social de ses prêtres n’est pas du tout garanti car on compte beaucoup sur la contribution des familles.
L’ICRSP connaît les difficultés habituelles et les disputes internes de toute Communauté repliée sur elle-même. En cas d’abus signalé les personnes mises en cause sont déplacées comme c’est souvent le cas dans de nombreuses institutions.
Une enquête approfondie parue dans le quotidien LE PARISIEN au début du mois d’octobre 2023 est venue corroborer et renforcer les réserves que nous exprimons vis-à-vis de ce mouvement.
Le lecteur a pu ainsi apprendre que, dès février 2014, il était demandé une visite apostolique par une religieuse membre du bureau en charge, au sein de la conférence des évêques, de lutter contre les dérives sectaires. Cette demande, restée plusieurs années sans réponse, se trouve renouvelée en 2023 par l’évêque en charge de ce service d’Eglise, Monseigneur Brunin. De nombreux témoignages mettraient en avant le culte du fondateur, son train de vie « qui joue au grand personnage » et la « vie évangéliquement incohérente des chefs » dans le luxe de Gricigliano. Mgr Brunin mentionne, ce qui est plus grave « des phénomènes d’emprise spirituelle et d’attaque à la liberté de conscience ».
En résumé, s’appuyant sur plusieurs signalements, il estime que « Il y a des signes, des indices de dérives sectaires ».
Mis à jour le 05/10/2023
« Les dérives de l’Institut du Christ Roi » - podcast du Parisien
Cette communauté religieuse, réputée pour son séminaire qui forme des prêtres traditionalistes, est aujourd'hui dénoncée par plusieurs anciens membres, alors que la Conférence des Évêques de France alerte de son côté le Vatican sur les pratiques de l’institut. Vincent Mongaillard, journaliste à la cellule récit du Parisien, a collecté de nombreux témoignages de personnes victimes de ces dérives. Il revient sur les différentes étapes de son enquête dans Code source.
Une contestation inattendue
Depuis le signalement que l’AVREF avait publié en 2023 aucun témoignage susceptible d’apporter de nouveaux éléments décisifs sur cette communauté ne nous était parvenu, si ce n’est celui de jeunes prêtres se retrouvant isolés en dehors de cet Institut et critiquant le train de vie princier mené en Italie par le Supérieur et ses proches, mais aussi des remous dans le diocèse de Limoges en raison d’engagements plus politiques que pastoraux de la part d’un jeune chanoine de l’Institut .
Par contre là où une fissure semble se produire c’est l’endroit où on ne l’attendait pas, le lieu où le système en place est particulièrement verrouillé : il s’agit de la branche féminine de l’Institut intitulée « Sœurs adoratrices du cœur royal de Jésus-Christ souverain prêtre ».
Image générée par IA
Créée en 2001, basée principalement en Italie, mais présente dans divers pays cette congrégation semble fonctionner sur le mode des ordres religieux de siècles passés et devoir agir essentiellement au service des prêtres de l’Institut que l’on doit curieusement considérer comme des « chanoines » bien qu’ils ne fassent pas partie des prêtres expérimentés nommés par l’évêque du diocèse où ils exercent leur ministère.
Ce fonctionnement assez archaïque convient difficilement à de jeunes femmes mieux informées et plus autonomes que l’étaient les religieuses d'antan. Aujourd'hui des témoignages commencent à circuler. Ils sont anonymes dans un premier temps comme ce fut le cas il y a quelques années chez les Bénédictines de Montmartre, mais des fuites pourraient se produire plus rapidement à partir des premières craquelures . Elles pourraient éclabousser la branche masculine qui, comparée à celle des soeurs, jouit et profite de beaucoup plus de libertés. Cette différence de traitement apparaît de moins en moins tenable dans le siècle où nous nous trouvons.
Mis à jour le 17/04/2026
Deux articles de Oise Hebdo :
18 juillet 2026
> Le collectif des victimes de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre dénonce des abus restés sans conséquence