LES CRITERES DU SECTARISME

§1

Traditionnellement le guide juridique de la «lutte contre les dérives sectaires» explicite  quinze critères concernant les organisations qui sont aujourd’hui parfaitement identifiés:

§2

1 – La déstabilisation mentale
2 – Le caractère exorbitant des exigences financières
3 – La rupture avec l’environnement d’origine
4 – L’existence d’atteinte à l’intégrité physique
5 – L’embrigadement des enfants, le discours antisocial, les troubles à l’ordre
      public
6 – L’importance des démêlés judiciaires
7 – L’éventuel détournement des circuits économiques traditionnels
8 – Les tentatives d’infiltration des pouvoirs publics
9 – La menace d’atteinte à l’ordre public
10 – Les conditions de vie déstabilisantes
11 – Les atteintes à des personnes en état de faiblesse et d’ignorance
12 – La sujétion mentale conduisant à des actes ou à des abstentions
        préjudiciables
13 – L’offre de soins exclusive du recours à des pratiques conventionnelles
        éprouvées
14 – La violation des principes fondateurs de la République
15 – Le non-respect des conventions internationales ratifiées par la France
On admet généralement qu’il y a dérive sectaire quand au moins trois ou quatre de ces critères se trouvent réunis et que leur existence est constatée au sein d’un même mouvement ou d’une même communauté.
 
Approfondissant et renouvelant le sujet le Professeur Philippe-Jean PARQUET, membre du conseil d’orientation de la Miviludes, qui s’est également beaucoup intéressé aux pratiques addictives, a identifié chez les victimes dix critères sur lesquels il considère que cinq sont suffisants pour que l’on puisse porter le diagnostic d’emprise mentale.  Cette fois-ci il s’agit de critères individuels et non plus organisationnels. Cette approche vient donc compléter et renforcer l’approche traditionnelle. Elle permet de faire la démonstration de la singularité et du caractère spécifique rencontré chez les personnes victimes d’une organisation à caractère sectaire.

§3

1.     Rupture avec les modalités antérieures des comportements, des conduites, des jugements, des valeurs, des sociabilités individuelles, familiales et collectives.
 
2.     Occultation des repères antérieurs et rupture dans la cohérence avec la vie antérieure
 
3.     Acceptation par une personne que sa personnalité, sa vie affective, cognitive, relationnelle, morale et sociale soient modelées par les suggestions, les injonctions, les ordres, les idées, les concepts, les valeurs, les doctrines imposés par un tiers ou une institution : ceci conduisant à une délégation générale et permanente à un modèle imposé.
 
4.     Adhésion et allégeance inconditionnelle, affective, comportementale, intellectuelle, morale et sociale à une personne ou à un groupe ou à une institution, ceci conduisant à :
      - une loyauté exigeante et complète,
      - une obéissance absolue,
      - une crainte et une acceptation des sanctions
      - une impossibilité de croire possible de revenir à un mode de vie antérieur ou
       de choisir d’autres alternatives étant donné la certitude imposée que le nouveau  
       mode de vie est le seul légitime.
 
5.     une mise à disposition complète, progressive et extensive de sa vie à une personne ou à une institution
 
6.     une sensibilité accrue dans le temps, aux idées, aux concepts, aux prescriptions, aux injonctions et ordres, à un « corpus doctrinal » , avec éventuellement une mise au service de ceux-ci dans une démarche prosélyte.
 
7.     Dépossession des compétences d’une personne avec anesthésie affective, altération du jugement, perte des repères, des valeurs et du sens critique.
8.     altération de la liberté de choix.
 
9.     Imperméabilité aux avis, attitudes, valeurs de l’environnement avec impossibilité de se remettre en cause et de promouvoir un changement
 
10.  Induction et réalisation d’actes gravement préjudiciables à la personne, actes qui antérieurement ne faisaient pas partie de la vie du sujet. Ces actes ne sont plus perçus comme dommageables ou contraires aux valeurs et aux modes de vie habituellement admis dans notre société.

§4

Quand vous avez des doutes sur un mouvement, tentez une première analyse concernant l’organisation qu’a rejointe la personne proche dont le choix vous paraît douteux, puis tentez en une seconde relative à son propre comportement individuel.
Si ces deux analyses vous permettent d’aboutir aux mêmes conclusion, ou aux mêmes doutes, ne restez pas seul(e), votre intuition était malheureusement bien fondée : rapprochez vous vite d’une association d’aide aux victimes.