Le Rosier de l'Annonciation

Le Rosier de l’Annonciation est une petite communauté catholique féminine actuellement à Lourdes. Cette communauté a été fondée en décembre 2010 par Laetitia Trémolet de Villers près de Blois. Elle a ensuite déménagé dans la région de Laval en 2014, puis à Lourdes en 2016. D’après son site internet, elle vivrait intégralement de dons. 

Le Rosier de l’Annonciation se présente comme une « communauté de femmes consacrées à Dieu, mettant leur vie au service des pauvres et des âmes délaissées, particulièrement à travers des œuvres d’éducation chrétienne ». Elle est proche de la communauté Saint Martin. Lorsque la communauté était à Blois puis à Laval, ses membres suivaient des cours de formation au séminaire de la communauté Saint Martin. Depuis qu’elles sont à Lourdes, ces formations sont suivies sur Skype.

Malgré les témoignages émanant de jeunes femmes sorties de cette communauté, Mgr Brouwet, évêque de Lourdes, l’a reconnue comme « association publique de fidèles » le 2 février 2019. Mais il l’a fait de façon provisoire : sur une période (probatoire ?) de 5 ans. Les témoignages faisaient état de problèmes entre les fors interne et externe, de difficultés pour choisir un accompagnateur spirituel, et d’absence de règle de vie claire et stable…  Aujourd’hui (mars 2020) « la mise en place d’un rythme de vie et de règles s’est fait » d’après ce que nous a écrit la fondatrice.

Par la suite, Mgr Brouwet aurait suggéré la constitution d’un Conseil et demandé à ce qu’une religieuse apostolique vive un mois avec la Communauté. Il aurait également demandé à la supérieure du Carmel de Lourdes ainsi qu’au modérateur général de la communauté Saint Martin de les visiter régulièrement. Enfin il aurait exprimé le souhait qu’elles puissent choisir librement leurs accompagnateurs spirituels. Toutes ces mesures seront-elles suffisantes ?

 Sur son site internet, la communauté propose aux jeunes femmes entre 18 et 35ans, baptisées pour la circonstance « sentinelles »,« huit mois pour discerner sa vocation » : qu’elle soit religieuse (dans cette communauté ou dans une autre) ou qu’il s’agisse du mariage. Est-ce bien raisonnable de laisser une jeune communauté organiser une longue période de discernement alors que son évêque responsable a jugé qu'au stade où elle en était, elle devait être visitée régulièrement ? La position de regardant ou regardante vis-à-vis d’une congrégation quelle qu’elle soit est en général beaucoup plus souple. De plus, une personne peut tout à fait vouloir un temps de retraite pour se poser des questions sur son orientation de vie. Mais ce temps la regarde et ne peut être formalisé et réglé par une communauté (sauf période probatoire ultérieure dans cette communauté, réglée par le droit canonique).

En reprenant l’historique des entrées et sorties, nous constatons que depuis la fondation de cette communauté il y a eu 14 entrées et 7 sorties… ces nombreuses sorties sont-elles normales ou sont-elles révélatrices d’un malaise qui risquerait de s’installer durablement ?

Nous invitons donc à la prudence.
 
Octobre 2019 – Mise à jour 10/04/2020