Déviances dans les organisations 
catholiques traditionalistes

INTRODUCTION

Le but de ce texte n'est pas de stigmatiser les communautés réputées traditionalistes, qui pratiquent la « forme extraordinaire » du rite romain, mais de mettre en garde contre certaines déviances qui existent dans certains de leurs instituts.
Il n'est pas non plus de suggérer qu'il y ait plus de déviances dans ce type de communautés que dans celles qui pratiquent la forme ordinaire. Encore moins de suggérer que certaines déviances soient plus fréquentes dans un institut particulier que dans un autre. C'est pourquoi ce texte considère les communautés traditionalistes dans leur ensemble et ne fait pas la distinction entre les différents instituts du point vue des déviances observées.


LA FRATERNITÉ SACERDOTALE SAINT-PIE X (FSSPX)

Elle a été fondée par Mgr Marcel Lefebvre et est actuellement dirigée depuis juillet 2018 par l’abbé Davide Pagliarani, en remplacement de Mgr Bernard Fellay pour qui a été créé un poste de Conseiller Général.
À notre connaissance, elle s'oppose toujours à certains points de la doctrine catholique post-conciliaire et n'est plus reconnue canoniquement par Rome depuis 1975.
Elle est très présente en France, Suisse, Allemagne, un peu en Australie, Amérique du Nord et du Sud, marginalement en Afrique. Elle a fondé des séminaires à Ecône (Suisse), Zaitzkofen (Allemagne), Dillwyn (Etats-Unis), Goulburn (Australie), La Reja (Argentine) et dispose d'écoles dans de nombreux départements français et à l'étranger.

La FSSPX assure également l'aumônerie et la direction spirituelle dans plusieurs « communautés amies » qui évoluent dans son orbite[1]. 
De ce fait, elle est présente dans de nombreuses écoles de ces communautés, comme celles des dominicaines enseignantes de Brignoles et de Fanjeaux (France, Allemagne, Argentine, Etats-Unis) ou de la Péraudière dans le Lyonnais[2].

[1]http://laportelatine.org/ordres/ordres.php
[2]http://ecoletradi.canalblog.com 

Télécharger ici le Livre Noir FSSPX 2019

Livre noir


LA FRATERNITÉ SACERDOTALE SAINT-PIERRE (FSSP)

C'est une société cléricale de vie apostolique, reconnue par Rome et de droit pontifical. Elle possède des paroisses dans de nombreuses villes de France : Lyon, Valence, Le Mans, Caen, Nantes, Annecy, Perpignan, Versailles, Saint-Etienne, dans les diocèses du Cotentin, de Quimper, de Tarbes et d'Annecy.
Elle est également implantée en Allemagne, Amérique du Nord et du Sud, Australie, Afrique. Elle a fondé des séminaires en Allemagne et aux Etats-Unis et dirige des écoles.


L'INSTITUT DU BON PASTEUR (IBP)

C'est une société cléricale de droit pontifical reconnue par le Vatican depuis 2006. Elle est dirigée par l'abbé Philippe Laguérie, son fondateur.
Son siège est à Courtalain, près de Chartres, où se trouve également un séminaire. En France, l'IBP dispose de paroisses et chapelles à Bordeaux (ainsi qu'une école), Paris, Marseille et dans les Yvelines. L'institut est également présent en Amérique du Sud et à Rome.

L'INSTITUT DU CHRIST ROI (ICRSP)

L'Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre est une société de vie apostolique de droit pontifical. Elle est dirigée par Mgr Gilles Wach et est implantée dans 8 pays européens, aux USA et en Afrique. 
En France, elle est présente à Port-Marly près de Versailles, Montpellier, Toulouse, Rennes, Nice, … L’ICRSP forme ses séminaristes à Gricigliano près de Florence. Cet institut a la particularité de ne pas être issu historiquement de la FSSPX.

L'INSTITUT SAINT-VINCENT FERRIER

Il est de droit pontifical et a été fondé par le père Louis-Marie de Blignières. Il est implanté à Chéméré le Roi (Mayenne) ; dans cette ville a été fondé un couvent traditionaliste apparenté aux dominicains. Les moines organisent des retraites, des accompagnements spirituels de fidèles et des mouvements de jeunesse.


L'INSTITUT TRADITION FAMILLE PROPRIÉTÉ (« La TFP »)

Fondé au Brésil en 1960 par Plinio Corrêa de Oliveira, l'institut TFP est actif en Amérique latine, en Italie et est implanté en France à Asnières sur Seine, près de Paris. L’évêque diocésain de Campos (Brésil) l’avait accusé d’être une secte à cause d’un certain culte voué à la mère du fondateur.
La TFP possède une multitude d'associations satellites, généralement influentes et bien financées. La plus polémique d'entre elles est peut-être « Avenir de la Culture », inscrite en France dans une liste de « mouvements sectaires » du rapport parlementaire de 1995[1].
La TFP est critiquée dans le rapport de 2006 de la Miviludes, essentiellement pour ses méthodes de collecte de fonds. Suite à une scission en 1983 certains anciens membres ont créé l'association Monfort, très traditionnelle. Les Hérauts de l’Evangile, association de droit pontifical fondée en 1995, proviennent également d’une scission dans la TFP et font depuis 2017 l’objet d’une enquête du Vatican[2].

[1]http://www.assemblee-nationale.fr/rap-enq/r2468.asp
[2]https://www.slate.fr/story/147345/vatican-enquete-confrerie-exorcistes-bresiliens

LA FRATERNITÉ ENSEIGNANTE DES CŒURS DE JÉSUS ET MARIE (FECJM)

Fondée par l'abbé Régis Spinoza (ordonné à l'Institut du Bon Pasteur) en 2013, la FECJM est une association privée de laïcs et religieux sous la direction spirituelle du Père Supérieur de l'abbaye bénédictine de Randol.
Son objet est spécifiquement de créer et diriger des écoles hors-contrat. La Fraternité a son siège dans une de ses deux écoles, l'Angélus de Presly (Cher). Bien que hors-contrat, cette école bénéficie de la reconnaissance de l'archevêché de Bourges.
L'avenir de cette fraternité ou de sa forme est en question suite à une descente du parquet à l'Angélus en 2017, avec fermeture immédiate de l'école et mise en examen de son directeur l'abbé Spinoza. Les cours ont cependant repris à la rentrée 2017-2018.


LA « RÉSISTANCE »

Directement issues de la FSSPX depuis 2012, plusieurs organisations se retrouvent sous les vocables de « résistance » et de « fidélité catholique », qui regroupent l'opposition aux rapprochements actuels de la FSSPX avec Rome ; en France, cette mouvance est organisée autour du couvent dominicain d'Avrillé, près d'Angers, qui est également le siège de la Société des Apôtres de Jésus et Marie (ex Union Sacerdotale Marcel Lefebvre) et de son séminaire.
Cette mouvance est également présente en Amérique du Nord, dans les Iles Britanniques, un peu en Amérique du Sud et en Extrême-Orient. Le sédévacantisme n'est pas officiellement prôné par ces organisations mais plusieurs de leurs prêtres défendent ouvertement cette théorie. Ce courant dispose du soutien de quatre évêques, tous excommuniés : Mgr Richard Williamson, Mgr Jean-Michel Faure, Mgr Gerardo Zendejas et le R.P. Thomas d'Aquin.


LES DÉRIVES CONNUES DANS CES INSTITUTS

Nous donnons ici un certains nombre de problèmes graves qui ont été observé dans l'un ou plusieurs de ces instituts :

  • De nombreux élèves d'établissements scolaires ont subi des actes pédophiles dans le passé ; la réaction des supérieurs est en général d'étouffer l'affaire et ne pas punir le coupable.
  • Les séminaires cherchent à recruter les étudiants dans les familles aisées.
  • Il y a des cas de captations d'héritage ou de tentatives dans ce sens.
  • On a observé la présence de groupes homosexuels actifs dans certains séminaires ; certains étudiants qui comprennent la situation et la refusent quittent le séminaire rapidement.
  • Un cas de racisme envers des personnes a été mentionné.
    La formation spirituelle n'est pas toujours d'un niveau suffisant ; la formation sociologique et psychologique est en général complètement absente ;
  • Certains hauts responsables de ces instituts sont portés sur la boisson ; d'autres cherchent un confort de vie contraire à l'esprit évangélique ;
  • Certains emploient des procédés malhonnêtes pour récolter des fonds et n'hésitent pas à transférer des liquidités d'une institution qu'ils contrôlent à une autre 
  • Certaines institutions ne cotisent pas à la CAVIMAC pour tous les étudiants présents dans les séminaires parce que les dirigeants trouvent que le coût en est trop élevé (environ 300 €  par mois et par étudiant) ;
  • La manière de gouverner dans ces instituts laisse parfois à désirer : on utilise certaines faiblesses connues des membres pour avoir prise sur eux ; on va jusqu'à nommer à des postes sensibles des personnes à faiblesses connues pour pouvoir les influencer ou les faire démissionner ;
    certains supérieurs n'hésitent pas à humilier des membres lorsqu'ils ne sont pas exactement de l'avis du supérieur, à les exclaustrer, ou à répandre des informations fausses pour déstabiliser des personnes ;
  • l'AVREF a connaissance de plusieurs cas de pratiques d'intimidation (voire criminelles[1]) et de parodies de procès canoniques contre des prêtres qui ont des divergences de vue avec leur supérieur, même quand il y a mandat du Vatican, l'arbitraire du supérieur est à craindre.
  • Certains utilisent un stratagème pour échapper au contrôle du Vatican : les constitutions définissent de façon abstraite les règles que doivent respecter les membres d'une institution. Ce sont elles qui sont approuvées par le Vatican.
    Le coutumier devrait indiquer de façon concrète et plus complète ces mêmes règles ; une pratique de certains dirigeants consiste à introduire dans le coutumier des règles qui ne sont pas dans les constitutions et qui ne seraient pas acceptées par le Vatican et à faire porter les vœux des membres non pas sur les constitutions, comme cela est le cas normalement, mais sur le coutumier.
  • Les précautions que doivent prendre les supérieurs pour la santé des membres ne sont pas toujours respectées. Ainsi lorsque l'un est malade, il peut être fait appel à un médecin ami, il téléphone au malade sans l'examiner et lui prescrit un traitement sur une ordonnance qui est expédiée par courrier.
  • Le personnel laïc œuvrant dans les écoles de ces instituts vit parfois dans des conditions très précaires, le gîte et le couvert étant offerts pour compenser une rémunération indigne. 
    Quand en plus les charges sociales ne sont pas correctement assurées, ces laïcs n'ont pas d'autre horizon et sont concrètement otages des communautés qui les emploient.

[1]https://www.letemps.ch/suisse/piratage-informatique-chez-fous-dieu

LES RÉACTIONS DU VATICAN AUX DÉRIVES

C'est le préfet de la Congrégation pour la Doctrine et la Foi (CDF) et la commission Ecclesia Dei, dirigée par Mgr Guido Pozzo, qui sont chargés de contrôler les instituts de droit pontifical et entretenir le dialogue ecclésial.

Certains pensent que ce contrôle est très déficient
[1].
Il est à noter que dans les matières d'abus et de droit canonique, la CDF entretient depuis de nombreuses années des relations normales avec la FSSPX, bien que la reconnaissance officielle de cette dernière soit toujours en suspens.

[1]https://www.la-croix.com/Religion/Fraternite-Saint-Pie-X-mise-cause-gestion-abus-sexuels-2017-05-07-1200845189

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