Marie-Dominique Goutierre
Renvoi définitif de l’état clérical 
et des Frères de Saint-Jean.

Un communiqué du prieur des Frères de Saint-Jean nous apprend que :

Par un décret du 29 avril 2021, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a condamné le père Marie-Dominique Goutierre au renvoi définitif de l'état clérical. Il a également été renvoyé de la Congrégation des Frères de Saint-Jean par un acte du Prieur général avec son Conseil. 

Cette décision est venue conclure des années de procédures, longues et douloureuses pour les victimes. Saisie en 2010 par le cardinal Barbarin, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi avait émis un jugement en 2013. Le frère avait fait appel de ce jugement, ce qui avait abouti au nouveau décret de 2016, lui interdisant pour 5 ans de donner les sacrements, de célébrer la messe en public, d’enseigner et de publier. Il avait alors été assigné dans un lieu extérieur à la Congrégation. Sa désobéissance répétée â ces sanctions, qui a constitué une offense supplémentaire à l’égard des personnes qu’il avait profondément blessées, fait l’objet du présent décret.

 L’AVREF prend acte et approuve évidemment ces décisions qui s’inscrivent dans le cadre de sanctions prises à l’encontre de frères de St Jean auteurs d’abus sexuels commis sur des victimes majeures. Les faits sont d’une extrême gravité car il s’agit d’abus sexuels réitérés et commis dans un contexte d’emprise spirituelle et sous couvert de considérations doctrinales (doctrine de l’amour d’amitié enseignée par le fondateur de la Famille St Jean, le père Marie-Dominique PHILIPPE). Déjà, en 2020, le frère Marie-Olivier avait pour les mêmes raisons été renvoyé de l’état clérical. En toute logique, d’autres frères de St Jean, auteur des mêmes déviances devraient se voir condamner à court ou moyen terme. 

Nous observons cependant que : 

Si l’équipe dirigeante actuelle des frères de St Jean avec à sa tête le frère François-Xavier, élu Prieur Général en 2019, semble s’engager dans un processus d’assainissement des déviances du passé, tous ces prédécesseurs sans exception ont couvert à des degrés divers les agissements du frère MarieDominique Goutierre : Marie-Dominique PHILIPPE (fondateur et prieur général jusqu’en 2001), Jean Pierre-Marie (prieur général de 2001 à 2010) et Thomas (prieur général de 2010 à 2019). À ce titre, nous savons que le frère Thomas, espérait en 2013 une issue positive du premier procès du frère Marie Dominique Goutierre devant la CDF et estimait que ce dernier pouvait toujours « porter du fruit ». Il n’est donc pas étonnant qu’en dépit de la gravité de ses crimes, le frère Marie-Dominique Goutierre ait pu rester quasiment impuni pendant plus de trente ans. 

Complices de cette longue impunité également les évêques d’Autun, Mgrs Séguy puis Rivière qui n’ignoraient rien, en tant qu’évêques ordinaires de cette communauté de droit diocésain, des abus commis par le frère Marie-Dominique Goutierre. L’absence de réaction officielle de Mgr Rivière aux sanctions contre un personnage aussi emblématique que le frère Marie-Dominique Goutierre est une honte. 

L’AVREF, créée précisément en 1998 par des familles victimes des abus de nature sectaire commis par certains membres de la Communauté St Jean, continuera à rester vigilante à l’avenir pour plusieurs raisons : 

L’existence au sein même de la communauté St Jean de religieux hostiles au processus d’assainissement engagé par l’actuel Prieur Général. 

L’inquiétude quant au parcours futur d’individus sanctionnés tels que le frère Marie-Dominique Goutierre. Même renvoyé de l’état clérical, ce dernier ne va-t-il pas poursuivre ses déviances auprès de la mouvance des « éblouis » du père Marie-Dominique PHILIPPE regroupés dans les communautés dissidentes masculines des frères de « Verbum Spei » et féminines des sœurs de « Maria Stella Matutina » ? L’exemple des anciennes sœurs contemplatives de St Jean, les « sœurs » Marthe, Isabelle et Agnès-Marie, exclues de la vie religieuse en 2014 par le Vatican, fait craindre ce scenario. 

Ces trois ex-religieuses, en dépit de la sanction claire portée contre elles continuent à porter l’habit religieux et à noyauter en sous-main la communauté des sœurs de Maria Stella Matutina au nez et à la barbe du Vatican. La passivité du Vatican dans ce dernier dossier interroge : naïveté, complicité ou incompétence ?