MIVILUDES

Réaction de l'AVREF 

 
Dans toute secte il y a une dimension religieuse. Ainsi ce n’est pas par hasard que tel ou tel  mouvement abusif s’est paré du titre d’église, comme certains animaux des Fables de la Fontaine qui cherchent à paraître autres que ce qu’ils sont. Inversement dans toute religion il y a risque de dérive sectaire si l’on n’est pas vigilant. La MIVILUDES, service de lutte contre les sectes, directement rattachée au Premier Ministre en exercice, avait parfaitement compris cette situation imbriquée depuis sa création en 2002 suite à la MILS. Aussi l’AVREF ayant toujours rencontré une écoute attentive et une aide de la part de cette Mission Interministérielle avait-elle en octobre dernier protesté comme d’autres associations contre l’annonce de la suppression de la MIVILUDES, commuée finalement en transfert vers le Ministère de l’Intérieur.

Huit mois plus tard le transfert n’avait pas toujours eu lieu et, dans le flou qui prévalait, les conseillers de la MIVILUDES avaient poursuivi leur tâche de façon exemplaire. Notre malaise est désormais accentué depuis que nous avons appris à mi-juillet que, suite au changement de Gouvernement qui vient d’intervenir, ce service, ou plutôt ce qu’il restait de cette Mission du Premier Ministre, a été prié de déguerpir dans un délai record pour se faire absorber par un service du Ministère de l’Intérieur qui s’occupe des « nouvelles formes de radicalité », c'est-à-dire de lutte contre  le terrorisme et de certaines formes de délinquance. 

On ne peut que rester pantois devant une telle confusion qui marque un triomphe certain pour les lobbies sectaires bien dotés financièrement et déjà très influents auprès de l’OSCE et d’instances internationales devant lesquelles, tels le Loup devenu Berger du Bonhomme La Fontaine ils se présentent en défenseurs de la liberté religieuse.

(20 juillet 2020)


Le Conseil d'Administration de l'AVREF réuni le 5 octobre à Paris a pris connaissance de la situation nouvelle créée par l'annonce de dissolution de la MIVILUDES et approuvé le communiqué suivant :

AVREF communiqué du 07 10 2019.pdf

Cette prise de position ne fait que rejoindre la position prise en 2017 par le Secrétariat Général du Gouvernement qui s’était déjà opposé à la proposition de rattachement au Ministère de l’Intérieur : 

Les préjudices pour la société en matière d'atteintes physiques, morales, financières pour les adeptes, de délitement des liens familiaux ou encore de détournement des circuits économiques justifient le maintien d'une politique interministérielle, garantie par le rattachement de la mission aux services du Premier ministre , avait-t-il indiqué.

Un argument appuyé par le président de la MIVILUDES depuis 2012, Serge Blisko, qui rappelait que 40% des signalements qu'elle traite chaque année relèvent du domaine de la santé.

L'idée d'un transfert à l'Intérieur mettrait à mal notre interdisciplinarité, avait- il indiqué à l'AFP. Source : Le Quotidien du Médecin du 07.09.2017 (Docteur Lydia Archimède)

Nous faisons part également de la "Question au Gouvernement" posée à ce sujet le 15 octobre dernier par un parlementaire :

MIVILUDES QUESTION AU GOUVERNEMENT.pdf


INFORMATION IMPORTANTE : En dépit de l’annonce de la dissolution de la MIVILUDES à la fin de l’année 2019, l’équipe de conseillers en place est toujours présente et fait preuve d’un engagement et d’un professionnalisme que nous saluons.
La création annoncée d’une structure de remplacement n’étant pas effective, il est toujours recommandé de s’adresser à la MIVILUDES qui n’a pas cessé de fonctionner malgré des moyens réduits.
Ultérieurement le rattachement de la MIVILUDES au SG-CIPDR devrait faire l’objet d’une communication. Le CIPDR est le Comité Interministériel de Prévention de la Délinquance et de la Radicalisation. Ce Comité, créé dans un contexte de lutte contre le terrorisme, poursuit d’autres objectifs que la MIVILUDES. Ceci explique nos fortes réserves sur cette décision des Pouvoirs Publics.

Rédigé le 20 mars 2020