Réponse de BETHLEEM

Droit de réponse de Frère Silouane pour la Congrégation des Moines de Bethléem

Nous recevons un droit de réponse de frère Silouane, actuel prieur des frères de Bethléem, que nous publions bien volontiers, tout en nous étonnant, et le mot est faible, de la légèreté de l'argumentaire et des attaques ad hominem, eût égard à la solidité du témoignage, son contenu, et la valeur du témoin.
Étant donné que nous avons quantité de témoignages corroborant celui produit, nous nous proposons simplement d'en publier quelques uns qui pourront apporter leur écot et donneront quelques compléments. 
Nous restons ouverts, bien sûr, à toute réponse qui permette d'opposer documents à témoignages, argumentaires à analyses. Nous espérons d'ailleurs qu'il sera possible de connaître les Constitutions de cette communauté, dont parle le témoin, et qui se doivent d'être publiques.
Pour le bureau,

Aymeri Suarez-Pazos.



Monsieur le Directeur,

« Réponse à Fabio, auteur du texte :
« Révélations accablantes d’un ancien supérieur »,
paru sur le site de l’AVREF le 23 octobre 2014,
écrite par Frère Silouane, prieur actuel des frères de Bethléem
 
Le dossier de 48 pages diffusé par Fabio sous le titre « Les révélations accablantes d’un ancien supérieur » porte un nom trompeur, car il occulte et manipule plus de choses qu’il ne prétend en révéler. Fabio se présente comme une victime courageuse et désintéressée révélant les secrets d’une dérive sectaire. Ce pseudo statut de victime et de lanceur d’alerte est censé garantir la vérité de ses « révélations ». La gravité des accusations nous oblige à répondre pour rétablir les faits, questionner la lucidité et l’objectivité de l’auteur et pour contester radicalement ses affirmations qui relèvent d’un mélange de manipulation et de théorie du complot, qu’elles prétendent par ailleurs dénoncer.
Fabio prétend dénoncer une dérive sectaire, reposant sur un système d’emprise sur les consciences encouragé par la Communauté des sœurs et leur prieure générale. Il se plaint d’avoir été manipulé dès son arrivée à Bethléem, durant sa formation, avant de faire ses vœux et avant d’être ordonné prêtre. Mais comment peut-il, sciemment et en conscience, taire que son responsable direct pour toutes ces étapes a été l’ancien prieur de Bethléem (de 1978 à 2001), qui a quitté juste après lui notre communauté ? Lequel ancien prieur a exercé une sorte de tyrannie à l’intérieur de la communauté, l’a fait dévier dans un idéal humain étranger à l’Évangile et s’est ingéré dans le gouvernement des sœurs. Oui, quelle crédibilité accorder à ce texte quand la vérité sur l’accompagnateur principal de Fabio est ainsi occultée, pour rejeter la responsabilité sur la communauté des sœurs et sur un charisme approuvé par l’Église ?
Fabio présente son texte comme une tentative de briser la loi du silence, imposée par la Communauté des sœurs, mais lui-même occulte les innombrables éléments qui s'opposeraient à sa pseudo démonstration.
Il indique que son texte est une reprise d’un dossier qu’il a déposé en 2009 à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, parallèlement à un dossier déposé par l’ancien prieur, mais il se garde bien de dire que ces dossiers ont donné lieu à une enquête de la part de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, enquête qui s’est conclue par un non-lieu, les propos de Fabio et de l’ancien prieur ayant été reconnus comme une interprétation personnelle et déformante de leur propre histoire. Une autre conséquence de la conclusion de cette enquête a été l’exclaustration de l’ancien prieur, imposée par le Saint-Siège le 23 septembre 2013. Quant à Fabio, il a été, à sa demande, réduit à l’état laïc.
A supposer qu'il y ait eu  des erreurs dans l’accueil et la formation de Fabio, qui en est le premier responsable ? Faut-il généraliser et faire la théorie de ses problèmes et de ses difficultés personnelles pour affirmer des faits qui sortent complètement de la réalité ou qui la déforment gravement ? L’affirmation que ce texte est écrit sans passion, pour l’utilité de plusieurs, est toujours démentie par l’amalgame malhonnête de faits et de pure fiction déformés par une interprétation tendancieuse et par une confusion qui paraît calculée. Qui plus est, on a scrupule à rappeler cette simple évidence : Fabio ne connaît plus la vie des monastères depuis plus de cinq ans.
Je peux attester personnellement que la réalité actuelle de Bethléem ne correspond pas à ce qui est dit et affirmé dans ce dossier mensonger et à charge.
Il ne s’agit pas de dire que la communauté de Bethléem est une réalité parfaite. Certes non.
Mais la stigmatiser bassement comme il est fait dans ce texte est honteux et malhonnête.
La communauté des frères existe de façon autonome par rapport aux sœurs, elle ne correspond en rien à ce qui est dit dans ce texte, elle a son identité propre, et le respect des personnes et de la vraie liberté est au cœur de notre recherche continuelle, pour les frères et pour les sœurs. Ce que Fabio décrit comme le « marché des vocations » à Bethléem est ignoble et blessant pour ceux qui ont trouvé leur vocation. En outre cela est démenti par les faits, car un nombre significatif de postulants choisissent une autre voie à la suite d’un processus de discernement respectueux. Le texte de Fabio profane de façon perfide et habile ce qui concerne une communauté entière, frères et sœurs, pour y jeter un discrédit total et lui faire le plus de mal possible, en occultant les éléments cités au début, ce qui est inadmissible.
C'est dire si ce texte infamant est mensonger. C'est dire si son auteur occulte sciemment une partie des faits pour porter ses accusations infondées.
Je ne pouvais, en conscience, les laisser sans réponse.
 
Qui souhaiterait mieux connaître notre Famille monastique peut visiter notre site internet ou l’un de nos monastères. Qui souhaiterait un complément de réponse au texte publié par Fabio peut écrire à l’adresse suivante :
            Frère Silouane - complément de réponse
            Currière-en-Chartreuse
            38380 Saint Laurent du Pont »
 
Vous remerciant de faire suite à cette demande, je vous prie de croire à l’assurance de mes sentiments distingués.

  

Pour la Congrégation des Moines de Bethléem
et de l’Assomption de la Vierge
Frère Silouane