Lexique Communautaire

Un peu de vocabulaire : 

Dans ce lexique nous ne citons personne. Nous ne nommons aucune communauté. Nous constatons qu’il existe un véritable marché du recrutement pour des organisations à caractère religieux. 

Sur ce marché, comme pour tout autre, il existe une offre récurrente, il existe des sollicitations omniprésentes face auxquelles  il convient que chaque candidat se détermine. Nous recensons donc des formules, des procédés et des modes opératoires communs à diverses communautés. 

Comme leur offre n’est pas exempte d’ambigüités, voire même d’abus de pouvoir, d’abus de conscience et in fine d’abus spirituels, il nous paraît utile d’attirer l’attention sur ces pratiques orientées principalement vers les plus jeunes.  A cette fin nous les avons présentées sous la forme d’un lexique. Lire plus…

ENTREE...VOIR AUSSI...
ad experimentum
autoréférentialité
cellule d'écouteCIASE
charisme
chasteté
cheminementparcours ; thérapies
christothérapies
CIASEcellule d'écoute
conversionsessions ; thérapies
donspauvreté
droit pontificalordinaire
états de vievœux précoces ; laïc consacré
exorcisme
festivals d'été
fondamentalismeobéissance
foyers d'étudiantshébergement
gestes inapropriés
gouvernancegrands électeurs
grands électeursgouvernance
guérisonsessions
hébergement
laïc consacréétats de vie
Medjugorjepèlerinages
mission humanitaire
neuroleptiques
NMRNouveaux Mouvements Religieux
obéissancefondamentalisme
ordinairedroit pontifical
parcourscheminement
paroisses
pauvretédons
pèlerinagesMedjugorje
purification
sessionsconversion ; guérison
thérapies de conversioncheminement
vœux précocesétats de vie

Ad experimentum : 

Se dit des statuts accordés, à titre d’essai à un institut de vie consacrée. Cela signifie que la communauté n’est pas stabilisée et manque encore de maturité. Puisqu’il s’agit d’une expérience il est alors important de connaître quels critères précis ont été retenus pour valider l’essai.

Autoréférentialité :

C’est le fait de faire référence à soi-même. Par exemple un dictateur ou un tribun qui, dans un discours-fleuve, reprend ses propres citations comme preuves de ce qu’il assène à son auditoire, fait preuve d’autoréférentialité. Dans le domaine des communautés religieuses, l’autoréférentialité est une tentation permanente dénoncée pour la première fois par le pape François dans son exhortation Gaudete et exsultate. Pour lui l’autoréférentialité est une « maladie spirituelle ». Nous ne sommes pas compétents pour en juger, mais du point de vue associatif qui nous concerne, L’autoréférentialité apparaît une forme de dérive sectaire quand la pensée du fondateur d’une communauté devient un leitmotiv incessant au détriment d’autres spiritualités et de l’enseignement général de l’Eglise, quand on est tenté par un système de pensée unique. Elle est également une tentation sectaire quand une communauté se ferme sur elle-même comme une huître et que ses membres se considèrent alors comme les meilleurs, les élus, supérieurs aux autres mouvements et au « monde » dont on s’isole pour vivre en circuit fermé.

Cellules d’écoute : voir aussi CIASE

Ce n’est pas faire preuve d’anticléricalisme primaire que d’affirmer que toute organisation, communauté, congrégation, institut de vie consacrée, peut, à un moment ou un autre de son histoire connaître des dérapages, ou héberger en son sein des personnages dont le comportement laisse à désirer. A cet effet les diocèses de France disposent désormais de cellules d’écoute chargées de recueillir les témoignages de victimes. Elles ont aussi en principe pour vocation d’aider les victimes et de les conseiller dans leur démarche. Toutefois nous ne pouvons garantir que dans tous les diocèses les cellules d’écoute fonctionnent bien. Sont venus jusqu’à nous nombre de témoignages de personnes déçues, voire meurtries. On peut être beau parleur, mais mauvais écoutant.
En effet l’accueil est certes souvent chaleureux au premier contact mais est-ce suffisant ?
Les évêques et la CORREF ont aussi confié une mission temporaire à la CIASE, Cellule d’Investigation Indépendante sur les Abus Sexuels dans l’Eglise.
Sentant alors le vent tourner des mouvements, et non des moindres, ont créé leur propre cellule d’écoute interne. Nous déconseillons de s’y adresser tant il est difficile d’être à la fois juge et partie. Ces dispositifs sont redondants avec ceux des diocèses. Il est bon, s’il y a eu abus, que l’information soit traitée à l’extérieur de la communauté et de préférence sous l’autorité de l’évêque qui a, théoriquement du moins, un pouvoir de juridiction sur ladite communauté. Par ailleurs, il ne faut pas hésiter à contacter en parallèle la CORREF, ainsi que, là où il a survécu le service Pastorale Nouvelles Croyances et Dérives Sectaire, ainsi bien entendu que des associations extérieures à l’église dont l’indépendance est une garantie.
C’est pourquoi on ne peut faire confiance aux cellules internes à une communauté, si, et seulement si, elles sont confiées à des organismes ou personnalités indépendantes pour enquêter et recueillir des témoignages sur des faits du passé, y compris sur le comportement inapproprié de fondateurs de mouvements.

Charisme :

Dans un article du 26/05/1999 Bruno CHENU, théologien assomptionniste, rédacteur religieux à La Croix constatait le problème que pose de l'utilisation de ce mot et de son sens quand il s'agit d'un collectif comme une congrégation religieuse. Vatican II a parlé du charisme de la vie religieuse comme d'un don de Dieu à l'Eglise (et non à un institut) qui s'incarne dans un fondateur et passe à sa famille religieuse.
Mais à ce seul énoncé, nous percevons la tension entre le charisme d'origine, le charisme vécu dans l’histoire, le charisme reçu dans le présent.
Le problème, en effet, c’est que si l’on découvre a posteriori que le fondateur s’est montré pervers, abusif ou a eu, selon la litote en vigueur, des gestes inappropriés, comment a-t-il passé son charisme à sa famille religieuse ? Le débat est ouvert. Pour cette raison note Bruno CHENU, « l’histoire des instituts religieux est parfois chaotique … Et beaucoup ressentent aujourd'hui le besoin
d'une « refondation », c'est-à-dire d'une réexpression, d'une revitalisation du charisme d'origine en fonction des défis du présent. »
En résumer goûter l’énoncé d’un charisme ne saurait justifier l’adhésion à une communauté : il convient de vérifier s’il a un sens et si elle le pratique.

Chasteté :

Celle-ci n’est pas uniquement l’abstinence sexuelle : elle inclut le mode de relations entre les personnes, elle « apprend à trouver la juste distance aux autres » (CEF). Elle exige un strict respect de la liberté de l’autre. "Ce n'est pas se tenir 'à l'écart de', mais trouver la bonne relation qui fait que je ne mets pas l'autre sous mon emprise et je ne me mets pas sous son emprise" (Sr Véronique Margron sur RCF 23/08/18) . Les jeux de pouvoir, manipulations et pressions diverses constituent donc des actions non chastes. Ainsi une personne s’abstenant de relations sexuelles peut être non chaste si elle se comporte en gourou dans ses relations avec des tiers, si elle viole des consciences.

Cheminement : voir aussi Thérapies

Appelé aussi parcours, ou encore « école de vie », le cheminement suppose un accompagnement par une direction spirituelle confiée à un clerc ou à un laïc (parfois à plusieurs pour mieux cerner la personnalité). C’est au cours de cheminements que le risque d’intrusion dans le for intérieur est le plus élevé. La personne en cheminement aura en effet tendance à se confier à son accompagnateur. Rapidement les barrières, défenses et censures sont levées et la personne en cheminement ne voit pas bien comment refuser de répondre à certaines questions indiscrètes qui permettent d’établir sur elle une emprise. Elle n’a pas non plus à se dévoiler devant un groupe si on l’y contraint.

Christothérapie : voir Thérapies

Il s’agit d’une forme extrême de thérapie en provenance du Canada.

CIASE : voir aussi Cellules d’écoute

Commission Indépendante sur les Abus Sexuels dans l’Eglise. Cette commission dont la présidence a été confiée Monsieur Jean-Marc Sauvé à la demande des évêques de France et de la CORREF enquête de façon large sur les abus commis au sein de l’église catholique française depuis les années 50. En menant cette investigation, les membres de cette commission ont pu prendre conscience de l’emprise sectaire vécue par les personnes abusées. Il ne faut donc pas hésiter à leur faire remonter les abus subis qu’ils soient sexuels et/ou spirituels, qu’ils soient sur mineurs ou sur personnes vulnérables. La confidentialité est assurée. A l’issue de deux ans d’enquête c'est-à-dire en 2021, la CIASE devrait établir un rapport et faire des propositions

Conversion :

voir Thérapies ; voir aussi Sessions

Dons :

L’appel incessant à des dons et legs est dépourvu de sens.
A moins qu’une communauté ne soit spécifiquement définie comme un ordre mendiant, elle se doit de subvenir par le travail de ses membres à ses propres besoins et, comme la charité l’exige, à ceux des plus démunis dans la société, sans critères de sélection. Le recours à des aides extérieures, toujours bienvenu, doit demeurer l’exception. Si quelqu’un est séduit par l’œuvre, il proposera d’y contribuer sans qu’il soit besoin de le « taper ». Ceux qui font des sollicitations incessantes ou mobilisent leurs membres pour faire du « crowdfunding » suscitent notre méfiance. Les frais de collecte de L’argent versé par les donateurs doivent être connus et minimisés sans qu’il soit nécessaire de faire de l’affichage ou des relances intempestives.
La transparence financière requiert la publication des comptes, voire leur certification dans le cadre d’un montage juridique compréhensible.
Quand une communauté regroupe dans un même conglomérat une Fondation, une ONG, des sociétés civiles immobilières, des associations faisant du commerce par accessoire et – pourquoi pas – des placements financiers, le membre ou le bénévole, s’il n’est pas informé et s’il ne peut pas s’exprimer, risque de devenir le jouet d’une manipulation.
Les projets annoncés doivent faire l’objet d’une évaluation préalable et d’une évaluation finale dont les résultats sont communiqués aux donateurs.

De droit pontifical :

Le fait d’être déclarée de droit pontifical ne permet pas à une communauté de s’octroyer une supériorité par rapport à une autre qui aurait été simplement reconnue par l’évêque du lieu. Dire qu’on « dépend directement du pape » parce qu’on est de droit pontifical, c’est un abus de langage qui ne doit pas tromper. Evidemment le pape a autre chose à faire que contrôler ce qui se passe dans cette communauté. Etre de droit pontifical n’est pas une garantie d’infaillibilité. Toute communauté ou congrégation, quel que soit son statut, peut être sujette à des dérives ou abus, comme elle peut produire le meilleur.

Etats de vie : 

voir Laïc consacré ; voir aussi Vœux précoces
On ne saurait tout faire. Qui trop embrasse mal étreint. En effet il existe des communautés qui telles les Rapetou du Journal de Mickey sont des attrape-tout, à la fois contemplatifs et apostoliques, et mêlent allègrement tous états de vie – laïcs, consacré(e)s, clercs – et tous les statuts – célibataires, couples – familles – ainsi que tous les âges et tous les statuts (salariés, libéraux ou indéfinis) appelés à vivre une même spiritualité dans une vie résidentielle ou dans le monde. Certaines inventent même des états de vie (sentinelles, petites laures,..) ou des vœux (fiançailles, épousailles, …) qui leur sont propres sans le moindre souci du bon sens ou des règles canoniques.
On fera plutôt confiance à des mouvements qui différencient les genres et les engagements, à des mouvements de femmes dirigés par des femmes et non par des hommes, à des mouvements d’hommes dirigés par des hommes et non par des femmes, à l’équilibre des classes d’âge, à des mouvements de couples animés par des couples, à la reconnaissance des compétences de chacun fondée sur des critères de bon sens et non sur un idéalisme confus, si généreux puisse-t-il paraître en première analyse. Le souci de la formation permanente doit également être présent et garantir l’indépendance financière de la communauté.

Exorcisme :

L’exorcisme est un rituel religieux destiné à expulser une entité spirituelle maléfique. Plus précisément, dans l’église catholique, l'exorcisme canonique ne peut être pratiqué que par un prêtre exorciste et avec la permission de l’évêque.
C’est pourquoi l’exorcisme pratiqué dans une communauté et par cette communauté peut être source de trauma et constituer une atteinte à l’intégrité psychologique de la personne dans les deux situations suivantes :

  1. Première situation :La personne membre de la communauté manifeste des troubles psychologiques, un état d’anxiété, de dépression, ou de rébellion contre l’autorité, soit parce qu’elle n’est pas à sa place, et dans ce cas il faut la faire retourner à son état de vie antérieur, soit parce qu’elle subit une emprise mentale qui la déstructure. Dans de tels cas, si l’autorité de la communauté, le ou la supérieur(e), au lieu de se remettre en cause, diagnostique une influence ou une possession démoniaque dont il faudra délivrer l’intéressée par un exorcisme qui aura pour seul résultat d’aggraver la situation, cela nous paraît condamnable. Une scène de ce genre est d’ailleurs présentée dans le film « les éblouis ».
  2. Deuxième situation : La personne ayant pris conscience qu’elle n’est pas faite pour cet état de vie communautaire, ou désirant échapper à une emprise mentale, ou à un harcèlement décide de quitter la communauté et en fait part naïvement à l’autorité auprès de qui elle a fait vœu d’obéissance. Pour maintenir le harcèlement ou l’emprise, si l’autorité cherche alors à la persuader que c’est le démon qui lui a mis cette idée dans la tête et décide alors de pratiquer l’exorcisme pour la dissuader, il y a un véritable abus. Le choc ou le trauma qui en résulte permettent effectivement le maintien du contrôle sur le for intérieur de la victime.

Dans ces deux situations l’exorcisme pratiqué est une parodie, une triste pantalonnade qui peut justifier le dépôt d’une plainte pour harcèlement et abus de faiblesse.

Festivals d’été :

Destinés à des lycéens, des étudiants et de jeunes travailleurs, les festivals d’été des communautés se présentent sous une ambiance extrêmement festive dans un climat agréable tant d’un point de vue météorologique que par le sourire permanent des organisateurs et de tous les participants. Des vidéos réalisées sous forme de « teasers » publicitaires par des agences de communication spécialisées présentent astucieusement des bandes annonces de beaux paysages, des danses dans les prairies ensoleillées, des sports extrêmes couplés à des moments de recueillement...
Toute personne qui s’inscrit doit bien être consciente du souci qui anime la communauté organisatrice : le pape François distingue bien la mission du prosélytisme. S’il s’agit d’influencer la décision d’un être jeune sans lui laisser nécessairement le temps de critiquer c'est-à-dire de comparer, d’analyser les points faibles et les points forts de la proposition d’engagement en toute objectivité, puis de discerner en écoutant aussi l’avis de personnes extérieures à cette communauté, alors c’est du prosélytisme.
Pour certains organisateurs ces festivals sont avant tout des lieux de recrutement. Pour cela il s’agit donc de plaire, de paraître moderne, de donner une image jeune, plutôt forcée, de la Communauté tandis que dans les congrégations traditionnelles, la vocation du postulant, puis du novice est, conformément à la règle, testée et validée sur une longue durée. Par exemple : brefs séjours, puis deux ans de noviciat, puis des vœux provisoires de trois ans renouvelables une fois. Souvent avant l’entrée en noviciat le postulant est invité à aller rencontrer d’autres communautés, à finir ses études à travailler de manière à murir lentement son projet de vivre en communauté.Tout encouragement du type « Dieu te veut là tout de suite », ou à arrêter ses études ou formations en cours doit donc alerter et faire fuir.
Il faut regarder de près des communautés qui apparaissent principalement « jeunes ». Une bonne communauté doit représenter tous les âges de la vie, susciter des échanges et des services intergénérationnels. Celles qui font du « jeunisme » s’exposent à de sérieuses difficultés dès que leurs membres commenceront à prendre de l’âge. On peut se demander lorsqu’une communauté se présente presque uniquement composée de jeunes lors de ces festivals ce que sont devenus les premiers entrants et s’ils ou elles sont toujours là. En effet le « jeunisme » de certaines communautés pourrait bien masquer de nombreuses sorties dont les causes doivent être élucidées.

Fondamentalisme :

Le fondamentalisme n’est pas seulement l’apanage de groupes extrémistes ou radicalisés. Toute communauté quel que soit son bord, traditionnaliste ou progressiste, est tentée de tenir un discours fondamentaliste quand il s’agit de recruter, de trouver de jeunes adeptes. Cela se traduit, quand cela arrange bien celui qui prêche par exemple une retraite d’orientation de vie, par une lecture littérale de textes sacrés, c'est-à-dire une lecture non contextuelle de versets bibliques ou de phrases tirées des Evangiles, notamment celles où le Christ annonce les divisions familiales, ou encore feint d’ignorer qui est sa mère pour mieux faire passer son message. Citées sans plus de références auprès d’un public de jeunes gens qui atteignent la majorité légale des 18 ans, elles permettent par exemple de les entraîner dans des choix sans discernement que désapprouvent leurs familles, mais qui sont présentés comme des vocations. Si la famille s’y oppose au nom du bon sens : « termine d’abord tes études », ou « acquiers d’abord un métier avant de t’engager dans cette communauté », ou encore « développe une qualification avant de partir dans l’humanitaire », alors les jeunes gens sont encouragés à ne pas en tenir compte, à y voir une tentative du Mauvais pour les détourner de l’appel de Dieu. La situation peut même être renversée par le prédicateur : « il faut prier pour tes parents, il faut les excuser … ».
Nous sommes bien là en présence de la dérive sectaire, dans son sens étymologique pour autant que le mot « secte » soit originaire du latin « secare » qui veut dire « couper ». La communauté sectaire c’est celle qui coupe une personne de sa famille biologique pour la faire entrer dans une nouvelle « famille » qui se veut exclusive. Cela n’est rendu possible que parce qu’il y a à la base ce discours fondamentaliste utilisé pour installer la sujétion psychologique.
Poussé à l’extrême ce discours crée la fameuse radicalisation dont les médias, la Justice et la Police se font régulièrement l’écho. A l’origine il y a toujours la compréhension littérale d’un texte sacré ou révélé, quel qu’il soit, que l’on a placé hors du contexte dans lequel il a été rédigé.

Foyers d’étudiants :

voir Hébergement

Gestes inappropriés :

Ce terme largement utilisé dans les milieux communautaires désigne des comportements ou actes prévus par l’article 222 alinéas 18 et suivants du Code pénal et pouvant entraîner des condamnations allant de 3 ans de prison à 20 ans de réclusion criminelle assortis d’amendes éventuelles allant de 45 à 150 mille Euros.

Guérison : 

voir aussi sessions.
L’offre de guérison dont certains mouvements ont fait un fonds de commerce en fort développement risque de se trouver profondément modifiée suite à la crise sanitaire liée au coronavirus. En effet, en cas de pandémie, il est difficile de mélanger une guérison spirituelle avec la guérison physique qui
nécessite le plus souvent l’aide d’un personnel soignant professionnel, qualifié et dévoué et non pas l’intervention d’amateurs improvisés thaumaturges.

Gouvernance : voir aussi Grand Electeurs

Ce terme désigne en général l’équipe de direction d’une communauté. Son fonctionnement peut être défini par des statuts qu’il convient d’examiner pour vérifier si les membres peuvent de façon effective participer, être consultés, avoir voix au « chapitre ». Mais, à côté de ces statuts qui peuvent être de droit commun (associations, sociétés civiles,…) il y a bien souvent des statuts de droit canonique. Il peut exister également un « directoire », ce terme n’ayant pas la même signification que dans une entreprise capitaliste : il s’agit d’une sorte de règlement intérieur rythmant la vie quotidienne et des circonstances particulières. On pourra également, si on questionne en insistant, avoir accès à des « constitutions », sorte de charte de la communauté, son « accord d’entreprise » en quelque sorte. La gouvernance s’exerce donc au travers de ces règlements, mais aussi en fonction de la personnalité du fondateur ou de la fondatrice encore en vie quand ceux-ci font la loi et la modifient sans rencontrer d’opposition.
Les statuts peuvent être de droit diocésain établis sous l’autorité d’un évêque qui, de façon théorique, les a relus et en supervisé la rédaction. Ils peuvent être également de droit pontifical. Dans ce cas on a pu déjà entendre le discours tenu: « Nous dépendons directement du pape… », Ce qui évidemment n’a guère de sens, mais permet au mouvement d’échapper au contrôle de l’évêque du lieu. La reconnaissance de droit pontifical est donc très prisée.

Grands électeurs : 

voir aussi Gouvernance
Ce terme est employé pour désigner les personnes qui ont qualité dans une communauté pour élire le prieur général. Souvent il a titre de « modérateur ». Il s’agit du cercle des personnes qui ont accès à ceux qui exercent l’autorité. Il s’agit bien souvent d’un système de cooptation souvent compliqué quand la communauté regroupe plusieurs états de vie (voir ce terme).

Hébergements en foyers d’étudiants :


Des mouvements anciens ont créé un modèle d’hébergement en foyer d’étudiants qui a été copié par de nouveaux mouvements religieux qui se sont aperçus que c’était un moyen efficace pour faire du prosélytisme. Bien présentée aux familles cette formule résout le problème toujours lancinant du logement étudiant, gomme les risques de la colocation et rassure les parents en garantissant l’application d’un règlement qui favorisera le travail du jeune bachelier et donc sa réussite universitaire. Elle a cependant pour défaut d’entretenir un certain infantilisme et de placer l’étudiant[e] dans un cadre de sollicitation forte pour entrer dans ladite communauté. Le directeur de la « maison », ou son aumônier peut mettre la pression sur des exercices spirituels, facultatifs mais « conseillés ». Et ce ne sera pas bien difficile alors de pénétrer dans le for intérieur d’un jeune pensionnaire qui doit, au sortir du lycée, se créer de nouveaux repères. A partir de là tous les risques existent. Le fonctionnement de certains foyers d’étudiants relève souvent de cette arrière-pensée dont on se doit d’être conscient.
Dans ces maisons le statut des encadrants (recrutement, formation, application des lois sociales) doit aussi être regardé de près.

Laïc consacré :

voir Etats de vie
Ce terme est un pléonasme, dans la religion catholique dans la mesure où tout baptisé est effectivement considéré consacré par son baptême. Certains laïcs se sentent toutefois consacrés parce qu’ils s’engagent par des vœux privés qui n’ont rien de canonique aux mêmes contraintes de pauvreté, chasteté et obéissance que les moines et moniales. Ils peuvent même prendre du pouvoir et de l’ascendant dans une communauté dite « nouvelle » qui inclut des clercs, mais où le modérateur, c'est-à-dire le dirigeant principal, est un laïc consacré.

Medjugorje :

voir Pèlerinages

Mission humanitaire :

Il convient de le dire et de le répéter. Une mission humanitaire dans une ONG doit être confiée, pour prendre son sens, à un professionnel expérimenté et qualifié capable de faire face sur le lieu de sa mission à des situations complexes. Il doit donc être formé au départ et bénéficier, vis-à-vis des lois sociales, d’un statut bien défini : détachement, ou expatriation selon la durée de la mission. A priori les jeunes étudiants en cours d’étude sont donc exclus de ce type d’envoi, même si cela attire ou fait rêver plus d’un, désireux de prendre du champ et de découvrir le monde. Cette attirance peut être le fait d’une grande générosité tout à fait respectable. Encore faut-il que ce souhait de donner de son temps et de sa vie à une belle cause soit également bénéfique à ceux qui en bénéficieront et ne vienne pas concurrencer inutilement des compétences locales.
Pour pallier cette difficulté certains mouvements religieux ont créé leur propre ONG et proposent un « mix » combinant l’humanitaire et l’évangélisation, voire même le devoir de compassion. Ce mélange des genres nous paraît suspect. Faire croire à une personne qu’elle pourra apporter une aide alors qu’elle-même en a encore besoin car elle vient de sortir du système scolaire ou universitaire, ce n’est pas honnête. Certains mouvements espèrent ainsi recruter de nouvelles bonnes volontés qui se montreront disponibles parce qu’elles auront perdu leurs repères habituels.
C’est alors de la manipulation. On demande même à certains de financer eux-mêmes leur mission : c’est un comble. Il faut donc vérifier plusieurs choses avant de s’engager : le mode de financement de la mission, le mode d’évaluation également. S’il n’y a pas un dispositif d’évaluation, la méfiance est de rigueur. Il faut s’assurer que cette ONG fait l’objet d’une certification par un organisme indépendant adéquat. Enfin il convient d’avoir un projet précis pour le retour avant de partir.
Un tel départ demande donc une préparation solide et l’on sera donc réservé face aux belles photos qui nous rappellent l’époque coloniale où l’on voit un petit congolais, ou un petit indien quechua qui sourit face à la caméra. Ce genre de cliché qui fait purement appel à l’affectivité est aujourd’hui dépassé et ne devrait plus avoir cours.

Neuroleptiques :

L’usage de ces médicaments se rencontre surtout dans des communautés de femmes cloîtrées ou confinées. Il peut poser la question de l’exercice illégal de la médecine quand il est administré par une supérieure à laquelle il faut obéir. Il peut y avoir également une ordonnance de complaisance délivrée par le médecin de la communauté assimilé à tort à un médecin de famille.
Deux situations peuvent provoquer cette consommation de manière permanente et abusive. Dans le premier cas une jeune religieuse, se rendant compte qu’elle est mal à l’aise dans cet environnement, fait part imprudemment de son souhait de le quitter.
Alors, pour la retenir, une supérieure, par abus de pouvoir ou manipulation, peut la convaincre que la vraie raison est son état de santé et qu’elle doit se soigner. La prise du neuroleptique crée une dépendance qui oblige effectivement la patiente qui le consomme à rester sur place, ce qui entretient son mal-être, sans qu’elle ait pu consulter un praticien librement choisi.. La façon dont l’armoire à pharmacie centrale est approvisionnée et son stock renouvelé soulève des questions de déontologie qu’il faudrait élucider. L’abus de ces médicaments peut provoquer des changements physiques importants (obésité notamment) constatables par les proches. Le second cas est celui de troubles de la personnalité ou d’états dépressifs provoqués par une situation d’emprise avec harcèlement ou maintien d’une règle très rigide. L’usage mal régulé des neuroleptiques soigne alors les effets, mais non les causes de cette situation.

NMR (Nouveaux Mouvements Religieux) :

Cardinal Francis ARINZE, adresse au Consistoire extraordinaire des 4-7 avril 1991, n° 26 :
« Quelques NMR (Nouveaux Mouvements Religieux) ont provoqué des dommages psychologiques sur les individus à travers leurs méthodes de recrutement et de formation et des mesures violentes qu’ils adoptent pour prévenir la fuite de leur membres. Nous avons entendu parler de quelques termes comme « manipulation psychologique », « combinaison d’affect et de ruse », « contrôle mental », « techniques accablantes », « méthodes qui altèrent la conscience », « programmation », etc. Certains membres ont dû rompre les relations avec leur famille naturelle ou conserver de telles relations sérieusement abîmées. Il y a en plus la question du contrôle sur les salaires et les économies des membres ».
Citation extraite de l’adresse au Consistoire: « The challenge of the sects or New Religious Movements. A pastoral approach.”
Pontifical Council for Interreligious Dialogue. Rome 1991 n.9

Obéissance : 

voir aussi fondamentalisme
« Oui au service, non à la servitude. », c’est un message du pape François aux catholiques. L’obéissance n’est pas un assujettissement, ni un abaissement. Elle doit être bien comprise et faire l’objet d’un dialogue en liberté avec le supérieur et les autres membres engagés dans le respect de la même Règle. Toute coupure au nom de l’obéissance avec le monde d’avant, amis, famille, quand elle est induite par le fonctionnement de la communauté, est un signal d’alerte.

Ordinaire :

Par Ordinaire, on entend les Evêques et ceux qui, même à titre temporaire seulement, ont la charge d'une Eglise particulière ou d'une communauté dans un territoire défini, celui du diocèse, ainsi que ceux qui y jouissent du pouvoir exécutif ordinaire général, c'est-à-dire les Vicaires général et épiscopal. Etant seul à émettre des lois et des décrets en son Diocèse, l’évêque d’un lieu en est « l’ordinaire ». Quand un problème surgit dans une communauté on compte normalement sur l’ordinaire du lieu de sa fondation, c'est-à-dire l’évêque qui l’a reconnue, pour régler la difficulté. Sur les cinq milliers d’évêques présents dans le monde, un fondateur d’une communauté, même abusive ou déviante, risque toujours de trouver un ordinaire qui le reconnaisse. Si une communauté répréhensible est dissoute par un évêque, elle peut aller trouver un évêque dans un autre lieu qui a le pouvoir de relancer la fondation en ignorant les déboires précédents ou en refusant d’en tenir compte. Telle est la loi de « l’ordinaire ». La meilleure façon de s’affranchir de « l’ordinaire » et de son pouvoir de contrôle, quand il représente une menace potentielle, est d’obtenir la reconnaissance de droit pontifical : voir supra

Parcours : 

voir Cheminements
Pour ceux qui ne sauraient se contenter d’une simple session thématique, il est proposé des parcours, appelés également « cheminements » avec des étapes qui portent des noms bibliques, des retraites « ananmèse », des « studiums », des accompagnements qui vantent toujours le mérite de la communauté, de ses fondateurs et s’appuient sur des systèmes de pensée unique. On voit certains de ces parcours aboutir à des ruptures familiales, à la dissociation de couples, à des luttes sournoises pour la garde des enfants, à la diabolisation de l’un ou l’autre des conjoints, à des remises en cause qui n’ont pas lieu d’être. L’emploi d’une novlangue basée sur l’agapéthérapie, ou toute autre formule qui tinte bien aux oreilles doit susciter la méfiance des personnes tentées par des lieux d’accueil qui sont vendus comme l’opérette « le pays du sourire », mais dont on peut repartir abîmé ou infantilisé.

Paroisses :

Toute communauté qui déclare avoir en charge une Paroisse commet un abus de langage et induit les paroissiens concernés en erreur. Une paroisse, en effet, est canoniquement confiée à une personne désignée comme curé par l’évêque, et non à une Communauté.
Ce prêtre a la charge de réunir les fidèles, de présider leur assemblée en tenant compte des âges, des opinions, des origines et des sensibilités diverses sans exclusive aucune. Il peut faire partie lui-même d’une communauté à titre personnel, mais il n’a pas à s’en faire le prosélyte aux dépenses des autres ou à faire dominer le Conseil Paroissial par des personnes de cette communauté dont le comportement ne manquerait pas de provoquer chez d’autres un sentiment d’exclusion de leur propre église.

Pauvreté :

voir aussi Dons
La pauvreté individuelle des personnes engagées dans une communauté cache souvent une richesse matérielle importante de cette même communauté. Lors des vœux, la communauté demande souvent qu’un testament soit fait en sa faveur. Il est choquant que cela soit demandé lors de vœux provisoires. On peut le comprendre lors d’un engagement définitif mais la personne doit toujours rester libre de rédiger son testament en faveur des héritiers de son choix.

Pèlerinages : 

voir aussi Medjugorje
Un des moyens efficaces d’établir une emprise sur quelqu’un est de le faire sortir de chez lui pour l’entraîner dans l’ambiance très particulière d’un pèlerinage. Ainsi s’est créée ces dernières années une mode en faveur de rassemblements à Medjugorje en Bosnie-Herzégovine où la Vierge serait apparue à de jeunes voyants. Comme le succès est au rendez-vous la tendance est de faire croire aux esprits crédules que la Vierge continue à apparaître régulièrement et certains « voyants » touchent ainsi les dividendes de leur vision sous forme d’espèces sonnantes et trébuchantes. Des prêtres de certaines communautés déjà discutables n’hésitent pas à organiser des « pélés » pour « Medj ». Il est très dangereux de se croire suffisamment fort pour y aller afin de se rendre compte par soi-même de ce qui s’y passe et de se faire sa propre opinion personnelle. En effet c’est s’exposer inutilement à une ambiance déconcertante, irrationnelle, mais qui peut séduire comme tout phénomène collectif.
Avant de s’y rendre il conviendrait d’étudier l’histoire de cette région précise des Balkans où des atrocités ont été commises, notamment lors de la dernière guerre mondiale, puis plus récemment lors de l’éclatement de la Yougoslavie, et où des affrontements séculaires opposent les nationalités et les religions. Les mentalités locales sont imprégnées de cette histoire tragique. Les cadavres des victimes précipitées dans les crevasses du relief karstique reposent à quelques kilomètres du lieu de ces apparitions imaginaires. Pour les héritiers de cette situation, qui vivent dans cette région déshéritée, l’instrumentalisation de la Vierge est un puissant procédé de purification de la mémoire et, également, une source de revenus.
Les pèlerins entraînés là-bas ne sont jamais informés de ce lourd héritage qui, étrangement, ne fait l’objet d’aucune tentative de réconciliation ou de pardon.

Purification :

Il arrive qu’une Communauté fondée par une personnalité perverse, ou ayant connu des abus répétés qui ont semé sur elle le discrédit, déclare être engagée dans un processus de purification.
C’est un processus difficile quand le fondateur ou la fondatrice, le supérieur ou la supérieure ont su mettre en place autour d’eux un aréopage coopté de personnalités sous influence et partageant les mêmes errements. Même si ces fondateurs ou supérieurs sont aujourd’hui disparus ou écartés, le système mis en place peut perdurer fort longtemps. Ce n’est pas une enquête canonique qui peut changer le cours des choses. On voit même des communautés officiellement dissoutes continuer à fonctionner ou à se recréer sous une nouvelle appellation. C’est pourquoi pour juger si un processus de purification clamé haut et fort est sincère et bien engagé, il suffit de vérifier s’il est assorti d’un processus ou d’une démarche effective et constructive de réparation des torts causés et d’aide concrète aux victimes allant au-delà d’une simple demande de pardon prononcée ex-cathedra.

Sessions :

voir Thérapies
Il arrive en effet de plus en plus fréquemment que des personnes bien intentionnées viennent, par curiosité ou par conviction assister ou participer à des sessions, week-ends, topos, haltes spirituelles, studiums, et autres manifestations qui sont venues remplacer la traditionnelle retraite spirituelle prêchée par un prêtre pratiquée dans l’église catholique pour la génération des parents et grands-parents.
Devant un tel foisonnement on pourrait être admiratif. On ne saurait trop cependant conseiller la prudence devant certains thèmes aujourd’hui mis en avant dans ces rencontres : le développement personnel, l’ennéagramme, la vie de couple, le discernement ( ?), et surtout la guérison. Le contexte sociétal s’y prête. Anne JOSSO, secrétaire général de la MIVILUDES l'avait signalé le 26 octobre 2019 dans une interview à la Dépêche de Toulouse:
"Dans le domaine de la santé, du bien-être et du développement personnel, nous découvrons des coachs qui exercent une véritable emprise, des hypnotiseurs qui utilisent cet outil puissant à leur profit et les exemples de dérives sont nombreux. Quand on commence à énumérer les mouvements et les pratiques où des risques d'emprise existent, on s'aperçoit de l'ampleur du phénomène et chacun peut reconnaître la situation d'une de ses connaissances plus ou moins proche."

Par un effet de mimétisme certains mouvements religieux n’échappent pas à cette ambiance délétère et proposent eux aussi de la guérison spirituelle, du développement personnel, de la sortie d’addiction, etc.
On ne saurait trop rappeler que certaines démarches entourant la promesse de guérison requièrent un grand professionnalisme et qu’il est très dangereux d’amalgamer le physique, le psychologique et le spirituel dans une même session, ou une seule démarche.
Même si l’on peut affirmer que « la santé, c’est un tout », il est bon de rappeler que chacun doit tenir son rôle : les professionnels de la santé physique, ceux de la santé mentale, et les accompagnateurs spirituels. Mélanger le tout dans une même promesse doit rendre dubitatif le participant. Accepter de confier des problèmes personnels à d’autres personnes dont la compétence n’est pas avérée, ou de les révéler devant un groupe, cela peut être fort dangereux. Faire confiance à un religieux, même sincère, qui traite de problèmes et délivre des conseils sur des sujets qu’il ne connaît pas, sur des problèmes qu’il n’a lui-même jamais rencontrés personnellement, cela peut être scabreux. Méfions-nous des promesses du dépliant, ou de la belle plaquette, surtout si à cette promesse, est ajoutée comme garantie l’effusion assurée de l’Esprit Saint. On n’instrumentalise pas la divinité dans une vraie religion. On ne se l’approprie pas.

On a vu des personnes abîmées, déstabilisées à l’issue de telles sessions. Certaines mêmes « basculent » très rapidement et passent sous une emprise à caractère sectaire bien qu’elles aient une « tête bien faite «. Cela peut entraîner des ruptures familiales et faire éclater des couples, entraîner des étudiants à plaquer des études en cours de façon irraisonnée, entraîner des gens sérieux à se trémousser et à claquer des mains dans une ambiance de groupe surchauffée et manipulée ; en bref à s’infantiliser. La prudence doit être recommandée.
De même que chacun doit tenir son rôle, chaque session doit également tenir son objectif. On se méfiera particulièrement des sessions de révision d’examens ou de concours proposées à des jeunes – donc en période de stress évidente, voire de surmenage – couplées dans la journée à des « topos » ou des exercices spirituels au cours desquels sont proposés des choix de vie et notamment une orientation vers la vie consacrée dans le mouvement qui organise la session et accueille l’étudiant.

Thérapies de conversion


La recherche du mieux-être, d’un soulagement de blessures physiques ou psychiques, le souci – légitime par ailleurs – d’échapper à des addictions, précipitent de nombreuses personnes vers des sessions dites « de guérison » animées par des clercs ou des laïcs dont ce n’est pas le moins du monde la profession, mais qui pensent qu’il suffit d’invoquer en groupe l’Esprit Saint, de pratiquer la Christothérapie (sic !), d’utiliser d’un charisme qu’ils s’auto-attribuent sur des bases contestables.
Certains résultats sont catastrophiques. De faux souvenirs peuvent surgir. Le mélange du physique, du psychique et du spirituel dans une même approche méthodologique aboutit à un véritable salmigondis tandis que, pour ne pas être en reste, la plupart des communautés dites « nouvelles », mais d’une nouveauté qui commence à dater, ont ajouté à leur offre de services des services de guérison. Dans leur menu internet la session de guérison est devenue l’incontournable. On ne sait plus si c’est la conversion provoque la guérison, ou le contraire.
L’offre dite de réconciliation peut venir pimenter ces préparations, mais là encore il faut être prudent car certains actes de la vie privée, certaines souffrances personnelles, certaines divisions familiales n’ont pas à être étalées impudiquement devant un groupe qui, pour être bienveillant, n’en risque pas moins d’être moutonnier comme l’est celui que nous présente le film « les éblouis ».
Bien portants s’abstenir !

Vœux précoces : 

voir aussi Etats de vie
La majorité légale permet à de jeunes gens de prononcer des vœux ou de s’y préparer dès l’âge de 18 ans, avec ou contre l’avis parental. Les communautés qui « mettent le grappin » pour faire du chiffre de recrutement sur des personnes de cet âge, ou de cette tranche d’âge commettent un abus dont il faut prendre conscience. Dans un entretien du 4 mai 1984 avec Bernard PIVOT, le grand anthropologue Claude LEVI STRAUSS notait que, dans nos sociétés, à la différence de celles qu’il avait étudiées, « nous devenons adultes de plus en plus tard ». Or, pour faire prononcer des vœux à une personne il convient de s’assurer qu’elle est réellement adulte, suffisamment armée psychiquement et intellectuellement pour effectuer un discernement libre de toute manipulation. C’est pourquoi les vœux précoces, mêmes temporaires, proposés à des jeunes gens, avec notamment une compréhension arriérée de ce qu’est l’obéissance, peuvent créer une sujétion psychologique. On a pu la remarquer chez des laïcs dits « consacrés », des oblats, des laures de divers ordres dont les vœux prononcés en privé échappent à toute définition canonique rigoureuse. Paradoxalement ils sont de ce fait plus contraignants que des vœux monastiques traditionnels répondant à un parcours bien défini. Il en est de même de certains engagements pris dans des circonstances euphoriques où l’affectif l’emporte sur le raisonnable.