Travailleuses Missionnaires : la chronologie de l’affaire

2014

Juin 2014 : l’AVREF publie le premier « livre noir » des travailleuses missionnaires qui présente une série de témoignages choquants recueillis sur le vif et des extraits de règlements aberrants. Le document est remis à la Conférence des Evêques de France en espérant qu’il provoquera une réaction rapide.


Automne 2014 : Le premier « livre noir » a permis de développer de nouveaux contacts, d’enregistrer de nouveaux témoignages, de nous procurer des documents authentiques et de recevoir l’appui du père ARNOLD, ancien Supérieur du Prado, qui avait bien connu l’abbé Marcel Roussel-Galle, fondateur des « TM ». Un second « livre noir » est publié. La Presse nationale et régionale s’empare du sujet et des journalistes enquêtent sur place à Lisieux, Toulon, Marseille, Ars sur Romans. Mais rien ne bouge.


Noël 2014 : Le soir du 24 décembre l’avocat de la Famille Missionnaire Donum Dei met en demeure l’AVREF de publier un « droit de réponse » aux deux « Livres noirs ». En effet, dans un mémorandum d’autodéfense, la Famille Missionnaire Donum Dei entendait -nous la citons- « RAPPELER AVEC FORCE LES FONDAMENTAUX DE SON CHARISME et REFUTER LES ALLEGATIONS ERRONEES OU BIAISEES que l’AVREF a cru pouvoir avancer et qui ont été imprudemment colportées — sans vérification — par d’autres médias.
Une fois rétablie la vérité des faits dans leur dimension historique, juridique, sociologique et spirituelle, la Famille Missionnaire DONUM DEI exercera — en tant que de besoin — son droit de réponse pour que cessent d’être colportées des critiques qui portent atteinte à l’image et à l’intégrité de l’Institution, à ses membres et à son environnement. »

2015

Janvier 2015 : L’AVREF publie une « réponse » à ce « droit de réponse » avec ses propres commentaires, ainsi que de nouveaux documents prouvant, s’il en était besoin, que les vérifications ont été faites scrupuleusement. La Famille Missionnaire Donum Dei reste coite.
 
17 mars 2015 : Un tournant important se produit. Accompagnée par un responsable de la CIMADE, une ancienne TM originaire d’Afrique qui avait réussi à s’échapper du restaurant EAU VIVE de Brno en Tchéquie porte plainte à l’Hôtel de Police de Caen contre la direction des TM du sanctuaire de Lisieux. L’émotion est vive en Basse Normandie et les media locaux rapportent l’événement.
La parole commence à se libérer et d’autres plaintes vont suivre. La peur change de camp.
 
24 avril 2015 : Une ancienne TM de nationalité burkinabé décède soudainement à Paris d’une embolie. Il apparaît qu’elle n’avait jamais fait l’objet d’un quelconque suivi médical chez les TM.
Malgré son dépôt de plainte, et un emploi fixe chez des particuliers, elle avait reçu un ordre d’expulsion du territoire français.
Elle nous avait écrit le 27 février : « l’espoir de revivre est en train de naître dans mon cœur ». Espoir brisé. Sa mort crée une forte émotion.
 
Juillet 2015 : La MIVILUDES qui avait commencé à s’intéresser de près à ce dossier depuis plusieurs mois prend officiellement position et apporte son soutien aux victimes des abus constatés. Son président, Serge BLISKO s’exprime publiquement. La MIVILUDES relève «des éléments qui caractérisent la déstabilisation mentale», pointant «la diabolisation du monde extérieur, les ruptures avec l’environnement d’origine, l’absence de soins et les atteintes à l’intégrité physique».
La MIVILUDES favorise alors le dépôt et le regroupement de plaintes d’anciens travailleurs et d’anciennes travailleuses missionnaires. Le dossier est remis par la Justice au Parquet d’Epinal. Une enquête est ouverte en octobre 2015.

2016

Année 2016 : Suit une période de silence durant laquelle la Police et la Justice enquêtent, notamment l’Office Central de Lutte contre le Travail Illégal. Durant cette période l’AVREF continue à apporter son aide à d’anciennes TM désireuses de s’insérer dans la société civile. La CIMADE apporte, elle aussi, un concours précieux à la résolution des problèmes administratifs des ex-TM « sans papiers ». Des médias continuent à mener des enquêtes approfondies sur les TM : Marie-Claire, Causette, Le Ravi,…

2017

15  janvier 2017 : La nouvelle est officielle. La Famille Missionnaire Donum Dei, suite à une décision de l’évêque de ne pas renouveler le contrat de louage de services et de mise à disposition de personnels TM dans les restaurants, cuisines et hôtelleries du sanctuaire, doit quitter les lieux. Quitter Lisieux : une gifle pour un mouvement qui se déclare « carmélitain » !
Une garantie pour le diocèse qui sent que le vent est en train de tourner. Mais rien n’est fait pour se soucier du sort de ces travailleuses qui ont usé leur santé dans ce sanctuaire.
Certaines sont alors envoyées à Rome où toute leur vie se passe entièrement dans le restaurant EAU VIVE puisqu’elles dorment sur place faute de chambres pour les accueillir.
 
Hiver 2017 : Par précaution la Famille Donum Dei décide la fermeture de la SARL  « EAU VIVE » de  Toulon, gérée par des TM « aînées », restaurant qui avait fait l’objet de contrôles administratifs.
 
01/10/2017 : A son tour le diocèse de Saint Dié sent le vent tourner  et le journal VOSGES MATIN annonce le départ des TM  de Domrémy où elles avaient charge d’hôtellerie-restauration à « l’Accueil du Pèlerin ». « Un déficit de confiance » déclare l’évêque qui continue néanmoins à utiliser sous une autre forme les services de la Famille Missionnaire Donum Dei.
 
09/11/2017 : Le procureur d’Epinal annonce la mise en examen.