Le 26 novembre dernier une dépêche de l’agence Reuters tombait à Rome : « Le pape François a demandé au Vatican d'étudier si l'Église catholique devrait classer les « abus spirituels » comme un nouveau crime afin de traiter les cas où les prêtres utilisent des expériences théoriques et mystiques comme autrui. » Selon la déclaration Le cardinal Victor Fernandez, le principal responsable doctrinal de l'Église, avait déjà rencontré le pape Francois pour discuter de la proposition d'un nouveau crime d'abus spirituel en novembre 2022. Le communiqué disait aussi qu'il était « moralement grave » d'utiliser de prétendues expériences spirituelles pour exercer un contrôle sur les autres, autrement dit pour exercer une emprise mentale.
Un groupe de travail est constitué désormais pour étudier officiellement cette question au niveau central de l’Eglise catholique. Nous saluons cette avancée et espérons que des contributeurs français y participeront.
Sur ce sujet, ô combien important, nous avions déjà préparé un article que nous soumettons à nos lecteurs. N’hésitez pas à réagir et à nous écrire car nous sommes là au coeur d’un débat essentiel pour comprendre et expliquer toutes les dérives systémiques que nous combattons.
https://www.avref.fr/lc3.html#cbtx3qOn
Nombreux sont en effet les auteurs et les « experts » qui insistent sur le fait que les abus physiques dans l’Eglise, notamment ceux qui sont en rapport avec la pédocriminalité, ne sont et n’ont été rendus possibles que parce que la personne chargée de l’autorité sur l’enfant, sur le novice, sur la victime exerçait sur elle au préalable un abus spirituel.
Cette perception est assez récente. Il y a encore une vingtaine d’années il fallait batailler pour faire reconnaître qu’il pouvait exister des dérives sectaires, voire des « dysfonctionnements » : l’emploi de ce terme était perçu déjà comme osé et suscitait un large déni de réalité dans la plupart des milieux ecclésiaux. Celui qui parlait de la sorte était taxé de « mauvais esprit ». Il fallait avant tout protéger l’image de l’Eglise.
Cette perception est assez récente. Il y a encore une vingtaine d’années dans les milieux ecclésiaux l’idée même de dérives sectaires, de dysfonctionnements ou d’abus spirituels était pour beaucoup tout simplement inconcevable. Parmi ceux qui en avait pris conscience bon nombre s’employaient à dissimuler les faits repréhensibles. Le secret, l’impunité et la présomption de contrition ont ainsi favorisé la récidive. Pendant ce temps-là, ceux et celles qui dénonçaient la perversion de la spiritualité se sont vu taxés d’« ennemies de l’Église ».
Les barrières se sont levées et la situation s’est inversée en ce début de XXIème siècle.
Mais les barrières se lèvent progressivement.
Ainsi dans un article de la revue CHRISTUS en date d’octobre 2022, Bruno CADORE, ancien prieur dominicain, puis maître de l’ordre des frères prêcheurs jusqu’en 2019 s’interrogeait sans hésiter sur les raisons pour lesquelles « l’expérience spirituelle a pu devenir le lieu de dérives et d’abus ». Il notait que ceux qui « aspiraient à vivre une aventure spirituelle où la vérité les rendrait libres, …se retrouvaient aliénés de manière abusive par des individus ou des communautés qui, faisant violence à leur confiance, les instrumentalisaient pour leur propre profit ou pour leur vaine gloire. ». Déjà, dans sa parution de l’été 2021, l’Institut Catholique de la Méditerranée avait publié le numéro de ses Cahiers consacré à l’EMPRISE SPIRITUELLE. Le tabou commençait à tomber. Nous publions ci-dessous le lien qui vous permettra d’en prendre une connaissance approfondie.
Cette publication débute par une définition préalable : « l’abus est une forme de perversion, qui, par manipulation et fascination, consiste à s’emparer de l’autonomie et de la liberté d’une autre personne en la mettant sous emprise ». S’ensuit une fine analyse du processus d’emprise qui pose la question du consentement avant d’en arriver plus spécifiquement à l’abus spirituel. « On parle d’abus dès qu’il y a ingérence ou entrée de force dans la conscience de quelqu’un ou dans sa relation la plus intime avec Dieu. Dans l’abus il y a prise de pouvoir sur la conscience d’un autre. L’abus est une mise en acte de l’emprise. Or personne n’a autorité sur la conscience de quiconque. Dans la vie religieuse le vœu d’obéissance doit coexister avec la liberté de pensée et la liberté de conscience. » [ …] La personne accompagnée, c'est-à-dire victime de l’abus spirituel, « peut être amenée à croire qu’un discernement n’est plus nécessaire puisqu’obéir c’est faire la volonté de Dieu. Il y a un abandon du jugement propre, une confiance aveugle en l’autorité. Dans un tel contexte quand une personne ose exprimer des doutes on lui dit que c’est une tentation du diable, qu’elle fait l’œuvre du tentateur. » […]
« Le degré le plus élevé est celui de l’emprise proprement dite qui est une prise de pouvoir sur la personne au niveau affectif, psychologique, spirituel et parfois physique ».
Sur ce sujet de l’abus spirituel il est important de souligner la convergence des points de vue. A cet effet on pourra également citer le jésuite Giorgio RONZONI, déjà auteur d’un livre fort pertinent « Des sectes dans l’Eglise ? » paru chez Lessius dont on peut lire la recension sur ce site. Il est l’auteur de « l’abuso spirituale » paru en Italie sur les presses de la Faculté de Théologie du Triveneto (éditions Messagero Padova) et nous en attendons avec intérêt la traduction en langue française.
https://www.avref.fr/des-sectes-dans-leglise.html#KC0tUoVs
Le 26 novembre dernier une dépêche de l’agence Reuters tombait à Rome : « Le pape François a demandé au Vatican d'étudier si l'Église catholique devrait classer les « abus spirituels » comme un nouveau crime afin de traiter les cas où les prêtres utilisent des expériences théoriques et mystiques comme autrui. » Selon la déclaration Le cardinal Victor Fernandez, le principal responsable doctrinal de l'Église, avait déjà rencontré le pape Francois pour discuter de la proposition d'un nouveau crime d'abus spirituel en novembre 2022. Le communiqué disait aussi qu'il était « moralement grave » d'utiliser de prétendues expériences spirituelles pour exercer un contrôle sur les autres, autrement dit pour exercer une emprise mentale.
Un groupe de travail est constitué désormais pour étudier officiellement cette question au niveau central de l’Eglise catholique. Nous saluons cette avancée et espérons que des contributeurs français y participeront.
Sur ce sujet, ô combien important, nous avions déjà préparé un article que nous soumettons à nos lecteurs. N’hésitez pas à réagir et à nous écrire car nous sommes là au coeur d’un débat essentiel pour comprendre et expliquer toutes les dérives systémiques que nous combattons.
https://www.avref.fr/lc3.html\#cbtx3qOn
Nombreux sont en effet les auteurs et les « experts » qui insistent sur le fait que les abus physiques dans l’Eglise, notamment ceux qui sont en rapport avec la pédocriminalité, ne sont et n’ont été rendus possibles que parce que la personne chargée de l’autorité sur l’enfant, sur le novice, sur la victime exerçait sur elle au préalable un abus spirituel.
Cette perception est assez récente. Il y a encore une vingtaine d’années il fallait batailler pour faire reconnaître qu’il pouvait exister des dérives sectaires, voire des « dysfonctionnements » : l’emploi de ce terme était perçu déjà comme osé et suscitait un large déni de réalité dans la plupart des milieux ecclésiaux. Celui qui parlait de la sorte était taxé de « mauvais esprit ». Il fallait avant tout protéger l’image de l’Eglise.
Cette perception est assez récente. Il y a encore une vingtaine d’années dans les milieux ecclésiaux l’idée même de dérives sectaires, de dysfonctionnements ou d’abus spirituels était pour beaucoup tout simplement inconcevable. Parmi ceux qui en avait pris conscience bon nombre s’employaient à dissimuler les faits repréhensibles. Le secret, l’impunité et la présomption de contrition ont ainsi favorisé la récidive. Pendant ce temps-là, ceux et celles qui dénonçaient la perversion de la spiritualité se sont vu taxés d’« ennemies de l’Église ».
Les barrières se sont levées et la situation s’est inversée en ce début de XXIème siècle.
Mais les barrières se lèvent progressivement.
Ainsi dans un article de la revue CHRISTUS en date d’octobre 2022, Bruno CADORE, ancien prieur dominicain, puis maître de l’ordre des frères prêcheurs jusqu’en 2019 s’interrogeait sans hésiter sur les raisons pour lesquelles « l’expérience spirituelle a pu devenir le lieu de dérives et d’abus ». Il notait que ceux qui « aspiraient à vivre une aventure spirituelle où la vérité les rendrait libres, …se retrouvaient aliénés de manière abusive par des individus ou des communautés qui, faisant violence à leur confiance, les instrumentalisaient pour leur propre profit ou pour leur vaine gloire. ». Déjà, dans sa parution de l’été 2021, *l’Institut Catholique de la Méditerranée* avait publié le numéro de ses Cahiers consacré à l’EMPRISE SPIRITUELLE. Le tabou commençait à tomber. Nous publions ci-dessous le lien qui vous permettra d’en prendre une connaissance approfondie.
Cette publication débute par une définition préalable : « *l’abus est une forme de perversion, qui, par manipulation et fascination, consiste à s’emparer de l’autonomie et de la liberté d’une autre personne en la mettant sous emprise* ». S’ensuit une fine analyse du processus d’emprise qui pose la question du consentement avant d’en arriver plus spécifiquement à l’abus spirituel. « *On parle d’abus dès qu’il y a ingérence ou entrée de force dans la conscience de quelqu’un ou dans sa relation la plus intime avec Dieu. Dans l’abus il y a prise de pouvoir sur la conscience d’un autre. L’abus est une mise en acte de l’emprise. Or personne n’a autorité sur la conscience de quiconque. Dans la vie religieuse* *le vœu d’obéissance doit coexister avec la liberté de pensée et la liberté de conscience.* » [ …] La personne accompagnée, c'est-à-dire victime de l’abus spirituel, « *peut être amenée à croire qu’un discernement n’est plus nécessaire puisqu’obéir c’est faire la volonté de Dieu. Il y a un abandon du jugement propre, une confiance aveugle en l’autorité. Dans un tel contexte quand une personne ose exprimer des doutes on lui dit que c’est une tentation du diable, qu’elle fait l’œuvre du tentateur. » […]*
« *Le degré le plus élevé est celui de l’emprise proprement dite qui est une prise de pouvoir sur la personne au niveau affectif, psychologique, spirituel et parfois physique* ».
Sur ce sujet de l’abus spirituel il est important de souligner la convergence des points de vue. A cet effet on pourra également citer le jésuite Giorgio RONZONI, déjà auteur d’un livre fort pertinent « Des sectes dans l’Eglise ? » paru chez Lessius dont on peut lire la recension sur ce site. Il est l’auteur de « *l’abuso spirituale* » paru en Italie sur les presses de la Faculté de Théologie du Triveneto (éditions Messagero Padova) et nous en attendons avec intérêt la traduction en langue française.
[https://www.avref.fr/des-sectes-dans-leglise.html\#KC0tUoVs](https://www.avref.fr/des-sectes-dans-leglise.html#KC0tUoVs)
<https://icm.catholique.fr/cheminsdedialogue/cahier-n11-lemprise-spirituelle/># L’abus spirituel enfin reconnu pourra être traité
Le 26 novembre dernier une dépêche de l’agence Reuters tombait à Rome : « Le pape François a demandé au Vatican d'étudier si l'Église catholique devrait classer les « abus spirituels » comme un nouveau crime afin de traiter les cas où les prêtres utilisent des expériences théoriques et mystiques comme autrui. » Selon la déclaration Le cardinal Victor Fernandez, le principal responsable doctrinal de l'Église, avait déjà rencontré le pape Francois pour discuter de la proposition d'un nouveau crime d'abus spirituel en novembre 2022. Le communiqué disait aussi qu'il était « moralement grave » d'utiliser de prétendues expériences spirituelles pour exercer un contrôle sur les autres, autrement dit pour exercer une emprise mentale.
Un groupe de travail est constitué désormais pour étudier officiellement cette question au niveau central de l’Eglise catholique. Nous saluons cette avancée et espérons que des contributeurs français y participeront.
Sur ce sujet, ô combien important, nous avions déjà préparé un article que nous soumettons à nos lecteurs. N’hésitez pas à réagir et à nous écrire car nous sommes là au coeur d’un débat essentiel pour comprendre et expliquer toutes les dérives systémiques que nous combattons.
https://www.avref.fr/lc3.html\#cbtx3qOn
Nombreux sont en effet les auteurs et les « experts » qui insistent sur le fait que les abus physiques dans l’Eglise, notamment ceux qui sont en rapport avec la pédocriminalité, ne sont et n’ont été rendus possibles que parce que la personne chargée de l’autorité sur l’enfant, sur le novice, sur la victime exerçait sur elle au préalable un abus spirituel.
Cette perception est assez récente. Il y a encore une vingtaine d’années il fallait batailler pour faire reconnaître qu’il pouvait exister des dérives sectaires, voire des « dysfonctionnements » : l’emploi de ce terme était perçu déjà comme osé et suscitait un large déni de réalité dans la plupart des milieux ecclésiaux. Celui qui parlait de la sorte était taxé de « mauvais esprit ». Il fallait avant tout protéger l’image de l’Eglise.
Cette perception est assez récente. Il y a encore une vingtaine d’années dans les milieux ecclésiaux l’idée même de dérives sectaires, de dysfonctionnements ou d’abus spirituels était pour beaucoup tout simplement inconcevable. Parmi ceux qui en avait pris conscience bon nombre s’employaient à dissimuler les faits repréhensibles. Le secret, l’impunité et la présomption de contrition ont ainsi favorisé la récidive. Pendant ce temps-là, ceux et celles qui dénonçaient la perversion de la spiritualité se sont vu taxés d’« ennemies de l’Église ».
Les barrières se sont levées et la situation s’est inversée en ce début de XXIème siècle.
Mais les barrières se lèvent progressivement.
Ainsi dans un article de la revue CHRISTUS en date d’octobre 2022, Bruno CADORE, ancien prieur dominicain, puis maître de l’ordre des frères prêcheurs jusqu’en 2019 s’interrogeait sans hésiter sur les raisons pour lesquelles « l’expérience spirituelle a pu devenir le lieu de dérives et d’abus ». Il notait que ceux qui « aspiraient à vivre une aventure spirituelle où la vérité les rendrait libres, …se retrouvaient aliénés de manière abusive par des individus ou des communautés qui, faisant violence à leur confiance, les instrumentalisaient pour leur propre profit ou pour leur vaine gloire. ». Déjà, dans sa parution de l’été 2021, *l’Institut Catholique de la Méditerranée* avait publié le numéro de ses Cahiers consacré à l’EMPRISE SPIRITUELLE. Le tabou commençait à tomber. Nous publions ci-dessous le lien qui vous permettra d’en prendre une connaissance approfondie.
Cette publication débute par une définition préalable : « *l’abus est une forme de perversion, qui, par manipulation et fascination, consiste à s’emparer de l’autonomie et de la liberté d’une autre personne en la mettant sous emprise* ». S’ensuit une fine analyse du processus d’emprise qui pose la question du consentement avant d’en arriver plus spécifiquement à l’abus spirituel. « *On parle d’abus dès qu’il y a ingérence ou entrée de force dans la conscience de quelqu’un ou dans sa relation la plus intime avec Dieu. Dans l’abus il y a prise de pouvoir sur la conscience d’un autre. L’abus est une mise en acte de l’emprise. Or personne n’a autorité sur la conscience de quiconque. Dans la vie religieuse* *le vœu d’obéissance doit coexister avec la liberté de pensée et la liberté de conscience.* » [ …] La personne accompagnée, c'est-à-dire victime de l’abus spirituel, « *peut être amenée à croire qu’un discernement n’est plus nécessaire puisqu’obéir c’est faire la volonté de Dieu. Il y a un abandon du jugement propre, une confiance aveugle en l’autorité. Dans un tel contexte quand une personne ose exprimer des doutes on lui dit que c’est une tentation du diable, qu’elle fait l’œuvre du tentateur. » […]*
« *Le degré le plus élevé est celui de l’emprise proprement dite qui est une prise de pouvoir sur la personne au niveau affectif, psychologique, spirituel et parfois physique* ».
Sur ce sujet de l’abus spirituel il est important de souligner la convergence des points de vue. A cet effet on pourra également citer le jésuite Giorgio RONZONI, déjà auteur d’un livre fort pertinent « Des sectes dans l’Eglise ? » paru chez Lessius dont on peut lire la recension sur ce site. Il est l’auteur de « *l’abuso spirituale* » paru en Italie sur les presses de la Faculté de Théologie du Triveneto (éditions Messagero Padova) et nous en attendons avec intérêt la traduction en langue française.
[https://www.avref.fr/des-sectes-dans-leglise.html\#KC0tUoVs](https://www.avref.fr/des-sectes-dans-leglise.html#KC0tUoVs)
<https://icm.catholique.fr/cheminsdedialogue/cahier-n11-lemprise-spirituelle/>