L’affaire Betharram et les autorités ecclésiales
« Un projet éducatif ancré dans l'Évangile »
En lien avec les familles, dans une relation d’alliance éducative, chacun des établissements est ainsi appelé à porter là où il se trouve, à travers l’acte d’enseigner, le projet éducatif original de l’Enseignement catholique. Celui-ci, ancré dans l’Évangile et nourri d’une anthropologie chrétienne, est au service de la formation intégrale de la personne.
Extrait de la présentation de la Direction Diocésaine de l’Enseignement catholique du diocèse de Bayonne. L’ensemble scolaire concerné par l’affaire fait bien partie du réseau de la DDEC64, sous l’appellation BEAU RAMEAU.
Historique de l’affaire Bétharram dans le diocèse
- 1996 : dépôt d’une plainte par le père d’un élève qui a perdu 40% de son audition suite à une gifle reçue
- 1996 : C’est l’inspection académique de l’Education Nationale qui intervient dans le collège de Bétharram et conclut que » ce n’est pas un établissement où les élèves sont brutalisés. ». Le rapport est publié.
- 1998 : le Père Pierre Silviet-Carricart est mis en examen pour viol sur mineur.
- 2000 : suicide du Père Silviet Carricart.
- 2010 : Une enquête canonique est diligentée à Betharram, nous révèle LA CROIX du 16/02/2025.
Le rapport n’est pas publié. On ignore l’objet de l’enquête ainsi que le contenu du rapport. - 05/10/2021 : Mgr AILLET, évêque du diocèse de Bayonne exprime sa « honte » et son « effroi » face aux révélations de la CIASE sur l’ampleur des abus sexuels commis au sein de l’Eglise.
- Novembre 2021 : Mgr AILLET, évêque de Bayonne justifie son refus d’autoriser la CIASE d’accéder aux archives de son diocèse. Il a été le seul évêque français à agir ainsi, invoquant « la protection des données ». Ses conseils juridiques, dit-il au journal SUD OUEST, l’ont alerté « sur le risque de poursuites pénales. »
- 2023 : La CRR, indemnise Jean-Marie DELBOS, une victime de Betharram.
- Février 2024 : Mgr AILLET reconnaît la plausibilité des faits au vu du nombre de plaintes. « Dans notre diocèse comme dans l’ensemble du pays, les catholiques et l’opinion sont, à juste titre, terriblement choqués par ces révélations, comme je le suis moi-même, toujours solidaire des victimes que nous devons porter dans la prière », déclare le prélat (cath.ch/cx/ag/arch/rz).
- Avril 2024 : Le collectif des victimes de Betharram est déjà en place et se dit choqué du choix de Betharram comme point de départ d’un pèlerinage dans le contexte d’enquête judiciaire. Le collectif rappelle que la priorité est l’écoute de la souffrance et la consolation. Pascal GELiE, membre du collectif s’exprime : « C'est pas compliqué, il suffit de nous appeler, prendre contact avec nous. On veut juste être entendus et vous dire 'Écoutez comment ça fait mal et n'ayez pas peur'."
- Mgr AILLET modifie alors le choix de Bétharram comme point de départ du pèlerinage projeté.
- Février 2025 : l’affaire BETHARRAM devient une affaire politique nationale.
- 15/02/2025 : Le premier Ministre, François BAYROU annonce que le haut fonctionnaire Jean-Marc Sauvé, qui avait présidé la CIASE, allait s’entretenir « avec le collectif » de victimes de Bétharram, « pour partager avec lui ses questions et ses interrogations ».
Cette décision permettra aux vctimes de bénéficier d’une écoute crédible et à Jean-Marc SAUVE d’enquêter librement dans le diocèse de Bayonne sans passer par une demande d’autorisation auprès de Mgr AILLET.
L'AVREF préconise :
- La publication du rapport de la visite apostolique de 2010.
- La liberté d’accès aux archives du diocèse pour les membres de la CIASE qui pourront être remobilisés en cette occasion et la mise à disposition des informations recueillies auprès du procureur de Pau ou du juge d’instruction qui sera désigné, ainsi qu’aux avocats des parties civiles..
- Vu l’ampleur du scandale la mise en place d’une instance particulière dédiée à cette affaire par les autorités ecclésiales pour recevoir, écouter et soulager les victimes.