LE DEPART DE LA VIE CONSACREE

§1

La procédure de sortie fait généralement l'objet d'une demande écrite, mais systématiquement, la dispense (voire l'éviction) sont formulées oralement. Faute de preuve de son entrée et de sa sortie, la personne ne peut justifier aucunement de son engagement antérieur.
L'église ignorante du contrat moral ne lui accorde de fait aucune valeur : une personne engagée au célibat au sein d'une telle communauté pourra se marier religieusement sans justifier de sa sortie.
Dans le cas d'une éviction, la décision est brutale, unilatérale et laisse la personne désemparée.
 
Si un engagement doit s'inscrire dans une procédure canonique, objectivée par des documents signés et enregistrés dont puisse disposer la personne, la sortie doit faire l'objet d'une procédure symétrique.

 

§2

Ces documents doivent faire l'objet d'un enregistrement par l'Eglise hiérarchique.


Ainsi l'Eglise hiérarchique devient responsable de la gestion de sortie. Elle pourra définir les prises en charge et aides à la réinsertion, ce qui relève de la communauté et ce qui relève de dispositifs qu'elle mettra en place.
 
La détresse des sortants est spirituelle, psychologique et matérielle.
 
La détresse spirituelle, jamais prise en charge, doit être soignée séparément de la communauté d'origine, de sorte que la personne puisse être accompagnée dans sa nouvelle étape de discernement en dehors de toute emprise.
Nous relevons que la détresse psychologique est polluée par la détresse spirituelle qui bloque l'efficacité de l'intervention d'un praticien.
 
Un service de médiation tiers pourrait être mis en place par l'église hiérarchique pour évaluer les suites psychologiques et matérielles de la sortie.  
 
Quant aux suites psychologiques et médicales, la communauté, selon l'évaluation du service médiateur, prendra en charge les honoraires du praticien librement choisi par la personne sortante.
 
Quand le départ est dû à un abus, quelle qu’en soit la nature (harcèlement, abus physique, emprise mentale, dérive sectaire...), ce service pourra proposer un processus de réparation à la victime :  reconnaissance des faits, demande de pardon personnalisée effectuée par l’abuseur ou son représentant. Cette réparation ne doit pas empêcher celui qui s’estime victime de ces abus d’intenter, s’il le souhaite, une action devant les tribunaux.
 
Si le départ a pris la forme d’une fuite subite, seul moyen d’échapper à l’emprise, les comportements souvent constatés de relance téléphonique, de chantages divers ou de harcèlement visant à faire réintégrer le mouvement ou la communauté doivent être bannis. L'instance de médiation rétablit le contact avec l'Eglise universelle et garantit le respect de la vie privée des ex-membres.
 
Sur le plan matériel, il est impératif de rechercher des outils facilitant l’orientation, l’insertion dans la vie active, le logement, etc.
Les documents (tels que certificats de travail, bulletins de salaire, permis de conduire, pièces d'identité...) et effets personnels doivent être restitués sans délai.
 
Le service de médiation imposera à la communauté une aide financière adaptée selon des formules souples (pécule, prêt, caution, etc.) tenant compte de chaque cas individuel. Dans le cas du départ d’un ordre cloîtré ou portant un habit des vêtements civils au goût du jour en quantité et qualité suffisantes doivent être fournis.
Nous observons que les communautés déviantes s'exonèrent facilement de toute responsabilité matérielle. Ce n'est donc pas à elles d'en faire l'évaluation.
 
Si la situation a créé une incapacité permanente partielle, par exemple une inaptitude au travail, celle-ci doit être indemnisée sous forme de rente.
 
Quelle que soit la nature ou la cause du départ, les trimestres (en France) ouvrant des droits à la retraite doivent être cotisés et mis à jour.

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